Le désormais ex-capitaine des Sao, Marius Mouandilmadji, a annoncé sa retraite internationale anticipée lundi dernier. Il a raccroché les bottines après une longue et périlleuse périple sans gloire pour 20 matchs officiels et 17 fois titulaire pour seulement 1 but marqué.
Le départ prématuré du capitaine des Sao, Marius Mouandilmadji, 26 ans, a été très critiqué. Les supporters tchadiens avaient souhaité le voir évoluer en sélection pour hisser partout, peu importe les résultats, les couleurs nationales. S’il n’a pas pu faire plus mieux que ses prédécesseurs, Ngar Ézékiel et Ninga Casimir, le joueur de Samsunspor, une formation turque, a seulement escamoté son départ par son échec de penalty raté lors du match entre les Sao et la Zambie.
En vérité, il avait du mal à se faire pardonner par les Tchadiens dans leurs ensembles, si bien que l’échec n’est pas une fatalité. « J’avais de l’espoir qu’on pourrait se qualifier pour la CAN (…) J’ai un pincement au cœur. Mais mon départ est l’accumulation de beaucoup de choses. » a-t-il déclaré.
Marius savait pourquoi il devait partir
Dans une interview que l’ex-capitaine des Sao Marius Mouandilmadji a accordée au web radio, Réseau des Citoyens, des révélations fracassantes ont été prononcées. Le malheur du football tchadien réside dans son manque d’organisation et des ressources qui lui sont allouées.
Le ministère de la Jeunesse et des Sports, à travers la Fédération tchadienne de football association (FTFA) a longtemps excellé dans la négligence du sport roi, sans miser les moyens sur le long terme. « Je suis dans un cadre professionnel où toutes les conditions sont réunies à 100 pour cent », justifie Marius Mouandilmadji quant à sa prouesse dans son club. Il pointe du doigt les manquements de l’équipe nationale. « Le football, ce n’est pas de l’improvisation. » « Tout est travaillé, tout est organisé. » déclare-t-il.
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Les Sao, pour la plupart de leurs matchs, sont toujours confrontés à des défis logistiques qui entament sans nul doute leur performance. Les autorités du ministère de la Jeunesse et des Sports ne laissent pas la responsabilité organisationnelle à la FTFA, une entité censée être autonome. Dans notre équipe nationale, on arrive pour 10 jours, on est concentré à gérer les extras pendant 9 jours. À quel moment on est concentré pour un match ? s’interroge l’attaquant des Sao. Il a déploré avec véhémence le manque des moyens mis à la disposition de l’équipe nationale. Les impayés des primes et des billets d’avion sont restés ici et là sans suite.
Le ministre Abakar Djarma acculé
« Il ne suffit pas de faire du tapage médiatique pour espérer qualifier une équipe ». Cette déclaration de Marius Mouandilmadji renvoie directement à la déclaration du ministre de la jeunesse et des Sports, Abakar Djarma Aumi, lors de sa prise des fonctions. Celui-ci avait promis de faire du miracle pour qualifier les Sao à la CAN Maroc 2025. Avec quelle baguette magique ?
Dans les vestiaires, le ministre merde les joueurs. Il contribue à les déstabiliser plus qu’à les galvaniser. C’est pourquoi Marius lui adresse un message : « Il faut que les gens ne confondent pas le football au sport individuel. À chaque fois, il vient dans le football et il ne fait que parler du judo. Ce n’est pas la même chose. », se lamente le joueur. Pour lui, le ministre leur manque souvent de respect. « Il nous a dit que les restes ne servent à rien. C’est juste la défense qui joue. » révèle Marius. Il renseigne aussi que le ministre se met à l’écart pour critiquer les joueurs selon qu’ils sont de Foullah, Élec Sport, Aiglon, etc.
Dans ces mêmes révélations, l’on a pu aussi apprendre que l’avion apprêté par le gouvernement tchadien à l’équipe Sao sert d’un moyen de transport des marchandises des responsables du ministère de la Jeunesse et des Sports. « L’avion, c’était leur transport. » rapporte Marius Mouandilmadji.
Par cette sortie, des réformes sérieuses doivent être entreprises pour révolutionner le football tchadien. Il convient d’investir dans les petites sections tout en dotant l’équipe nationale des moyens adéquats pour assurer en attendant la « permanence ».

