Brice Clotaire Oligui Nguema, président de transition du Gabon, a rencontré ce 27 novembre, Charles Michel, président du Conseil européen, à Bruxelles. Bien que cette rencontre ait été présentée comme un effort pour renforcer les relations entre le Gabon et l’Union européenne, elle attire la curiosité de plus d’un sur l’intention réelle derrière ces accords.
Les discussions ont porté sur la transition politique au Gabon, notamment le référendum du 16 novembre. Cependant, le contexte politique actuel dans ce pays en reconstruction est particulièrement sensible. L’Occident a déjà perdu des pays en transition comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger, où l’influence française et européenne a été largement contestée. Dans ce cadre, la signature de deux accords — l’un sur la gestion durable des forêts et l’autre sur le développement économique — est d’office perçue comme une tentative de l’Union européenne d’imposer sa suprématie sur un Gabon en pleine transformation. Chose qu’elle n’a pas pu faire dans les pays de l’AES, tant la détermination pour une indépendance définitive est sans ambages.
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Ces accords, à vue d’œil promoteurs, escamotent des intérêts plus profonds. La gestion durable des forêts est essentielle, mais cela ne doit pas servir d’outil pour contrôler les ressources naturelles du pays au profit des entreprises européennes. C’est cela, par exemple, la source de conflit entre la Centrafrique et la France. De même, le développement économique et les transports doivent être orientés vers les besoins locaux plutôt que d’être dictés par des priorités extérieures.
Comme dans les pays de l’AES, jusque-là modèles en termes de la reconquête d’une autre Afrique, la transition actuelle doit être une opportunité pour établir des relations basées sur le respect mutuel et la souveraineté nationale, plutôt que de se soumettre à des influences extérieures qui pourraient compromettre son avenir.

