Briser les barrières pour une meilleure prise en charge des personnes handicapées

La journée internationale des personnes vivant avec un handicap est célébrée chaque 3 décembre depuis 1992. Une initiative de l’Organisation des Nations unies qui vise à promouvoir la compréhension des situations de handicap et à mobiliser le soutien pour la dignité, les droits et le bien-être de ces personnes. À cette occasion, plusieurs associations de cette couche se retrouvent pour égrainer leurs chapelets de doléances et plaider auprès du gouvernement afin qu’il réponde à leurs revendications.

La prise en charge de ces personnes vivant avec un handicap échappe le plus souvent aux autorités publiques. Elles sont pour la plupart marginalisées et privées des privilèges de la vie sociale. « On ne peut pas attendre un an pour qu’on nous donne un sac de riz, un coro (un kilo) de sucre ou un carton de savon. Nous avons des enfants, des belles femmes, on fréquentait les mêmes écoles, nous voulions aller au marché, acheter nous-mêmes, et travailler nous-mêmes. Que les autorités nous confient ces tâches. Nous pouvons travailler plus que les personnes valides, » déclare le coordonnateur de la plateforme revendicative des vivants avec handicap au Tchad, Ossingnbede Justin. Ces témoignages sont légion sur les lèvres de ces personnes qui ne demandent pas plus à l’État qu’une simple considération à travers leur insertion socioprofessionnelle.

Plusieurs personnes handicapées déplorent des promesses non tenues, qui ne respectent pas leurs revendications sur l’éducation de leurs enfants, la santé et surtout leur intégration à la fonction publique. Par rapport au dernier arrêté d’intégration à la fonction publique 2023, cité en exemple, il n’y a aucune personne handicapée figurant sur la liste. Ceci peut friser un mépris alors que pendant le dialogue national inclusif et souverain tenu en 2022, il a été recommandé un statut particulier aux personnes vivant avec un handicap.

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Selon la convention relative aux droits des personnes handicapées dans son article 25, « les États parties reconnaissent que les personnes vivant avec un handicap ont le droit de jouir du meilleur état de la santé possible sans discrimination fondée sur le handicap ». L’accessibilité et l’inclusion des personnes handicapées sont des droits fondamentaux reconnus par la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Cette convention (article 9, accessibilité) permet aux personnes handicapées de vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie et au développement. Elle appelle les États parties à prendre des mesures appropriées pour que les personnes handicapées aient accès à tous les aspects de la société, sur un pied d’égalité avec les autres, ainsi qu’à identifier et éliminer les obstacles et barrières à l’accessibilité.

Cependant, l’accompagnement de la personne ayant un handicap doit être appréhendé dans sa globalité et dans tous les lieux fréquentés par la personne en situation de handicap. Dans son décret 1521 fixant les modalités d’application de la loi n° 007/PR/2007 du 09 mai 2007 portant sur la protection des personnes handicapées et dans son chapitre 2, toute personne handicapée titulaire d’une carte nationale d’invalidité et ne disposant pas de ressources suffisantes pour une prise en charge médicale peut bénéficier d’une réduction des frais conformément à une grille définie par le ministère chargé de la santé publique.

Par Essibeye Lévi

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