L’annonce du retrait des soldats français en Côte d’Ivoire a occupé les lignes de plusieurs médias africains

Le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a déclaré mardi, à la veille du nouvel an, à l’occasion de ses vœux pour sa nation, que les troupes françaises se retireraient de son pays. Le chef de l’État ivoirien a estimé que les Ivoiriens devraient être « fiers de la modernisation de leur armée. » Sa déclaration a suscité une polémique dans la scène politique que beaucoup d’Africains et de Français qualifient comme un simple discours pour faire distraire l’opinion internationale

Cette annonce a été automatiquement rejetée par les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) qu’ils qualifient comme une manœuvre de tromperie initiée par la junte française de fermer ses bases militaires dans certains pays africains pour les remplacer par un dispositif moins visible mais poursuivant le même objectif néocoloniale .

C’est un simulacre pour endormir les Africains non avertis. Le général français a déjà laissé échapper de ses lèvres que la France a juste changé sa stratégie.

La présence militaire française s’allège mais ne disparaît pas en Côte d’Ivoire, souligne le journal Le Monde. La base militaire française de Port-Bouët sera rétrocédée à Abidjan fin janvier, tandis que la coopération militaire franco-ivoirienne sera remodelée.

La réduction des effectifs et la passation de charges entre les deux armées au camp du 43e bataillon d’infanterie de marine (BIMA) de Port-Bouët marquent une nouvelle étape dans la politique de réorganisation du dispositif militaire français en Afrique.

Pour le Sene web, la France a décidé de reconfigurer sa présence militaire en Afrique, après avoir été chassée de trois pays sahéliens gouvernés par des juntes hostiles à Paris, le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Cette anticipation consistera au retrait des forces françaises dans une grande communication et à faire remplacer par un nombre important d’agents de la DGSE et des forces spéciales françaises dans une discrétion totale. L’objectif est de les rendre moins invisibles et plus efficaces pour agir en couverture des groupes armés terroristes qu’ils doteront en armement contre les pays qu’ils souhaitent déstabiliser Abidjan, c’est un véritable mythe qui tombe, selon nos confrères de Wakatsera.com.

Le processus de retrait est loin d’être nouveau, car le moins de présence militaire française avait commencé par la remise à l’armée ivoirienne du camp de Lomo-Nord, non loin de Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Mais, c’est tout de même un symbole qui explose, avec la rétrocession du 43e BIMA, compte tenu des liens étroits séculaires entre Abidjan et Paris.

Alassane Ouattara avait-il vraiment un autre choix? Trop souvent qualifié de « sous-préfet » de la France, le chef de l’État ivoirien devait bien poser un acte fort pour contredire ses détracteurs et surtout essayer d’éviter, dans le futur, tout caractère conflictuel dans ce dossier brûlant qui pourrait porter un coup très dur aux relations entre la France et la Côte d’Ivoire. De plus, la Côte d’Ivoire est dans l’attente de la présidentielle prévue pour le mois d’octobre de cette année. Et même s’il a promis que « les élections seront apaisées, transparentes et démocratiques », le président ivoirien n’a plus toutes les cartes en main.

La présence militaire permanente de la France sur le continent sera bientôt limitée à une seule base au Gabon, en sus de Djibouti. Après l’annonce du Côte d’Ivoire, l’influence militaire de la France, ancienne puissance coloniale, en Afrique de l’Ouest, deviendra ainsi la dernière nation africaine à réduire ses liens militaires avec son ancienne puissance coloniale.

Selon la revue Cairn info, la France s’est trouvée, dès le début, piégée : elle était le seul pays qui avait la capacité et la volonté d’intervenir tout en étant le moins bien placé pour le faire. Elle s’est vue bloquée non seulement par l’incapacité de la communauté internationale—et en premier lieu africaine—de multilatéraliser la gestion de la crise, mais, surtout, elle a été rattrapée par son lourd héritage postcolonial et par son incapacité à rompre avec une vision sclérosée du continent et à convaincre ses interlocuteurs de ses intentions affichées

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