Le premier Allah-Maye Halina a tenu une réunion avec la commission chargée de suivi le retrait des forces militaires françaises au Tchad le soir du mardi 07 janvier 2025, pour dénoncer les propos insultants et méprisants d’Emmanuel Macron à l’égard des Africains.
Il y a plus d’un mois, le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a pris la décision de mettre fin à la coopération militaire. Pour le chef du gouvernement, Allah-Maye Halina, c’était une décision courageuse et patriotique, puisque « ces accords sont notoirement connus pour leurs caractères caducs et obsolètes et même stériles », a-t-il rappelé.
Sans que le retrait des soldats français soit définitif, Allah-Maye Halina a exprimé son indignation face aux propos du président français Emmanuel Macron: « Nous sommes surpris d’entendre le président français, sans aucune retenue digne de la fonction d’un chef d’État, que les Africains ont oublié de dire merci à la France. ». Selon le premier ministre, cette déclaration est une grossière insulte à l’intelligence et un déni ridicule de l’histoire. Car, d’après l’histoire, la première colonne militaire héroïque et aguerrie qui a contribué à la libération de la France sous le joug du nazisme allemand est venue du Fort-Lamy, actuel N’Djamena, en 1939. Face à cela, on se demande qui a manqué à la reconnaissance vis-à-vis de l’autre.
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L’effort ou le rôle indéniable que l’Afrique a joué pour la libération est gravé dans le marbre de l’histoire des Africains et des Tchadiens plus précisément. Car, « sans le Tchad et les autres Africains, la résistance extérieure française n’aurait pas vu le jour », a rappelé le premier ministre.
De même, il est déplorable de voir surgir une classe de moralisateurs qui veulent administrer une leçon de bienséance. « C’est simplement incongru sinon inadmissible, » s’exclame-t-il. La décision du Tchad de rompre avec l’accord militaire français ne rime à aucun agenda extérieur, ni d’une orientation de qui que ce soit. Une remise en cause des propos de Macron qui dit que la rupture a été négociée et proposée.
Le premier ministre Allah-Maye a invité le président français à la sagesse, à la pondération et à la retenue, et ainsi à la lucidité. Si Macron continue avec cette arrogance, cela servira à coup sûr des sentiments anti-français en Afrique. En conséquence, le gouvernement tchadien réaffirme que le départ des militaires français pour le 31 janvier n’est ni négociable ni modifiable. La France a les moyens et les possibilités nécessaires d’opérer le retrait du dispositif dans le délai fixé à moins qu’il n’ait pas la bonne foi, martèle le premier ministre.
À l’allure où vont les choses, le Tchad risquerait de rompre tous les accords avec la France, partenaire historique.
Par ILLETEGUI S. Thomas

