Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a convoqué le 13ᵉ congrès extraordinaire du Mouvement patriotique du salut (MPS), prévu le 29 janvier 2025 à N’Djamena. Si cet événement, placé sous le thème ambitieux de la « refondation du Tchad », est censé constituer une étape décisive pour le parti au pouvoir.
L’opposition s’était plutôt contentée d’une certaine illégitimité du président de la République, Mahamat Idriss Deby, à convoquer ce congrès. En convoquant le congrès du MPS dont il est président d’honneur, le président fait peser une « grave menace pour le pluralisme politique et pour tous les Tchadiens qui ne sont pas militants du MPS », explique Albert Pahimi Padacké. L’analyse est partagée par Max Kemkoye qui accuse Mahamat Idriss Déby de confondre gestion de l’État et animation de parti. Ces critiques, quoi que fondées, ne touchent pas le fond du problème, alors qu’il existe des bonnes questions à se poser, notamment : quelle sera l’influence d’un tel congrès sur la vie des Tchadiens à l’approche des installations de la nouvelle législature et du tout premier Sénat ?
Vers une nouvelle gouvernance
Le MPS, qui a déjà une majorité à la nouvelle Assemblée nationale, l’aura aussi au Sénat. Si politiquement, cela est logique, il faut aussi s’interroger sur la bonne foi de ces élus à accompagner le chef de l’État dans la mise en musique de son programme politique. Les Tchadiens, dans leur ensemble, aspirent à une nouvelle mode de gouvernance. Ils souhaitent se départir du vieux système du MPS basé sur le clientélisme et le « entre soi ».
Pour impulser cette nouvelle dynamique, un vœu pieux, il faut changer certains hommes et certaines pratiques. Tout ne peut se résumer au parti. Il faut une approche tout à fait inclusive où opposition et société civile puissent apporter leur pierre à la construction de l’édifice.
Il est à fort craindre un développement intégral si tout est confiné entre les mains du MPS. Le congrès extraordinaire du 29 janvier doit être un cadre de vérité et de recadrage sérieux de la part du président de la République.

