» A la place des « leidas », il faut proposer des solutions alternatives »

Par un arrêté rendu public le 17 mars 2025, le maire de N’Djamena, Senoussi Hassana Abdoulaye, a pour une fois encore interdit l’utilisation des emballages non biodégradables, communément appelés « leida ». Si cette décision s’inscrit dans une volonté louable de protéger notre environnement, elle n’a cessé aussi de susciter quelques interrogations quant à son impact sur l’économie locale et sur les conditions de vie des habitants de la ville de N’Djaména relativement tributaires à ces emballages dans les petits commerces.

Dans la réflexion collective, interdire les leidas dans la ville de N’Djaména sans proposer des alternatives accessibles ne saurait qu’entraver davantage le développement des micros et petites entreprises locales, qui peinent déjà à s’établir dans un contexte économique difficile, réagit Mahamat Nour Abakar, président du Collectif des investisseurs tchadiens.

Les leidas représentent aujourd’hui l’un des rares emballages bon marché disponibles sur le marché, même si parfois, les usagers sont conscients de leurs méfaits. Leur interdiction sans solutions viables compromettrait la capacité de ces entreprises à prospérer. D’où la nécessité de trouver un équilibre conciliant et non contraignant entre la protection de l’environnement et le soutien à l’économie locale, argumente Mahamat Nour Abakar.

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En lieu et place de cette interdiction formelle et brusque, il sied d’envisager des initiatives de nature à encourager la transformation des leidas en produits utiles pour la commune. Il faut plutôt leur donner une seconde vie à travers, notamment, le récyclage.

Pour de nombreux consommateurs tchadiens à faibles revenus, les alternatives proposées (emballages en aluminium ou en carton) représentent un coût prohibitif. À quel prix souhaitons-nous protéger notre environnement si cela signifie alourdir le fardeau financier des plus vulnérables ?, s’interroge le président du Collectif des investisseurs tchadiens.

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