Depuis avril 2024, la guerre soudano-soudanaise plonge la région dans une crise profonde, et le Tchad, pays voisin, subit de plein fouet les répercussions humanitaires de cette crise à la racine folle. Il est toujours en première ligne malgré son économie résiliente et les accusations fantasmagoriques des voisins de l’est.
Fidèle à une position de neutralité et de pacifisme, mais demeurant encore plus que jamais défenseur de toute la sous-région et de l’Afrique toute entière, le Tchad, qui ne gagne pourtant en rien si cette crise s’enlise, a plaidé dès le début – pourtant en transition politique – pour un retour à la paix au Soudan. Cela en valait la peine pour ces deux États frères dont les intérêts économiques devraient être au-devant de leur relation en lieu et place des conflits peu bénins pour l’un et pour l’autre. Les risques que ce conflit s’étende dans toute la sous-région sont potentiels. La porosité des frontières de l’est du Tchad constitue en effet une source d’inquiétude. Les autorités tchadiennes, conscientes de la gravité d’une telle crise, travaillent sans relâche pour éviter une autre forme de guerre de Troie.
Malgré les accusations répétées et « infondées » d’une partie des belligérants soudanais, le Tchad a maintenu son engagement pour le dialogue et a refusé de céder aux provocations. Cependant, cette posture pacifiste a un coût élevé. À ce jour, le Tchad abrite plus d’un million de réfugiés soudanais dans plusieurs camps et divers autres centres urbains. Ces réfugiés sont pris en charge par le gouvernement tchadien grâce au soutien de ses partenaires sans aucune coopération du Soudan géniteur de cette crise. Ce qui étouffe lourdement l’économie nationale et met à rude épreuve les ressources environnementales du pays.
D’un côté, les menaces lâches proférées par Yasser El Atta, le numéro deux de l’armée soudanaise, visant donc à lancer des offensives contre les aéroports tchadiens frisent la provocation. Elles posent malheureusement un défi profond et grave à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Tchad.
De l’autre – et c’est plausible – elles sont l’expression abjecte d’une tentative maladroite de détourner l’attention des véritables enjeux internes au Soudan en prenant le Tchad pour bouc émissaire. Toutefois, N’Djaména reste ferme : «si un mètre carré du territoire tchadien est menacé, le Tchad répondra conformément aux principes du droit international», a écrit le ministre tchadien des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul, dans un communiqué en guise de réponse à cette sortie malencontreuse de Yasser El Atta.
Le président de la République du Tchad, le maréchal Mahamat Idriss Deby, s’est illustré par son envie sérieuse et diplomatique depuis le début de cette crise de voir un Soudan en paix et des Soudanais unis. Les preuves sont là. Il n’a jamais cessé de multiplier les initiatives pour instaurer une paix durable au Soudan. Il continue en revanche de défendre la position du Tchad sur la scène internationale.
Cependant, face aux accusations infondées et aux provocations soudanaises, le Tchad reste résolu à ne pas céder à l’escalade.
La Rédaction

