Souveraineté des Femmes au Tchad : un éternel combat pour les rurales

Le président de la République, maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a inscrit dans son programme politique, en lettres d’or, la question de la souveraineté des femmes qui, dans la sémantique, va au-delà de leur simple liberté. La marginalisation féministe dont on parle peu n’est ni plus ni moins que la souveraineté de la femme rurale, l’éternelle opprimée à qui le politique pense qu’il faut simplement jeter un pain sec pour qu’elle s’en régale.

Dans son allocution aux Nations unies il y a quelques jours, dont la vidéo est postée sur sa page Facebook, son média de prédilection, la ministre de la Femme et de la Protection de la Petite enfance, Amina Priscille Longoh, a bien vanté les mérites de la femme tchadienne qui, selon elle, a prouvé par son altruisme revendiquer le quota qui est sien dans les grandes instances électives et nominatives. Politiquement, c’est une prouesse pour l’État tchadien et une victoire, même partielle, pour la femme tchadienne.

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La grosse interrogation reste. Que fait-on des femmes rurales qui ne peuvent ni être nommées ni être élues à un quelconque poste ? Le système de gouvernance actuel est « citadinisé » et ne favorise pas l’épanouissement de la femme rurale, gardienne des valeurs humaines, signe de résilience et d’endurance. Le seul bilan vendu à tout va est simplement le quota réservé aux femmes. Ce qui ne change rien pour une femme rurale qui n’a pas accès à la terre cultivable, qui doit parcourir des kilomètres pour trouver de l’eau, etc.

Ce manque de rigueur et d’attention portée sur cette frange de femmes n’exacerbe que les violences faites aux femmes. Le ministère de la Femme n’a pas su mettre des moyens pour sécuriser ces femmes à part les condamnations de principe et les enquêtes qui s’ouvrent sans jamais être refermées.

Il y a de quoi s’interroger sur ce que servent les délégations provinciales du ministère d’État, incapables même de rendre compte régulièrement des tristes nouvelles.

En attendant l’ouverture d’un bureau ONUFemme au Tchad pour lequel la ministre de la Femme a plaidé devant les Nations unies, il faut commencer par prouver la sincérité de ce département à changer réellement les règles de jeu. Il faut poser des bonnes balises, au risque de rater les lignes de code et donc de maquette voulue.

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