Politique tchadienne : Les Transformateurs jouent dans leur propre camp

Bientôt un an, le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, aura passé un an à la tête de l’État tchadien en tant que président élu. C’est une médaille. À son revers, le parti Les Transformateurs dont le leader, Dr Succès Masra, ancien premier ministre et candidat, n’avait obtenu que la deuxième place selon les résultats définitifs du conseil constitutionnel.

Depuis un certain temps, le parti Les Transformateurs multiplie des actions et des sorties pro ou prou des fables de Jean de La Fontaine, dont l’une met en scène le corbeau et le renard. Le parti, qui se réclamait autrefois de la  »vraie opposition », perd de plus en plus de repères alors que la transition politique est terminée et que le président de la République et son gouvernement vaquent aux 12 chantiers et 100 actions, une déclinaison du programme politique sur la base duquel le chef de l’État a été élu. Lequel programme qui avait été vilipendé intégralement par l’opposition, Les Transformateurs y compris.

La peur a-t-elle changé de camp  ?

Dans une communication faite récemment par le président du parti Les Transformateurs, Dr Succès Masra, le dialogue politique a été convoqué. Le même narratif est repris par son vice-président, Dr Ndolembai Sade Ndjessada, dans une interview dans laquelle il supplie d’un rapprochement avec le pouvoir en place. Pratiquement, rien ne motive ces sorties, car Mahamat Idriss Deby, l’auteur de la main tendue, avait pris acte de la décision du parti Les Transformateurs de reconnaître la légitimité des institutions issues de la transition. De fait, il n’y a aucune contrepartie. Aucun appel à un énième dialogue ne sied dès lors que le pays et les institutions sont stables.

Vouloir dialoguer dans une condition de normalité politique frise l’incohérence politique et stratégique. Officiellement, il n’y a aucun accord signé entre le gouvernement tchadien et le parti Les Transformateurs à part celui de Kinshasa en 2023. Car, se réclamant toujours d’être un parti politique transparent, Les Transformateurs, à travers leurs leaders, auraient signifié cet accord à leurs militants auprès de qui il clame recevabilité et clarté.

Pour rappel, le gouvernement tchadien avait multiplié des appels au dialogue avec le parti Les Transformateurs en 2022 à l’approche des assises du dialogue national inclusif et souverain (DNIS). En retour, il n’avait reçu que des clashs. La seule voie optée était celle de la rue. Aujourd’hui, la roue semble tourner à l’inverse. C’est le parti Les Transformateurs qui supplie le pouvoir de dialoguer. Qu’est-ce qui a changé  ?

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