Les causes d’échec d’Abbas Mahamat Tolli ne sont pas diplomatiques

L’échec d’Abbas Mahamat Tolli à la présidentielle de la BAD a donné lieu à une série d’analyses et de commentaires tous azimuts. Les votes étaient un peu plus rapides qu’il ne fallait pas autant de scénari pour que le candidat tchadien soit éliminé, mais écrasement de la course.

Ces résultats ne sont d’autant plus surprenants, et les causes de cet échec ne sauraient guère être attribuées ni à son équipe de campagne, qui a mouillé le maillot pour présenter aux différents États électeurs son programme ambitieux pour le développement de l’Afrique, ni à la diplomatie tchadienne. Cette dernière raison a été souvent brandie par les médias et les analystes. Des arguments, parfois, qui tiennent le moins, car, le Tchad, après quatre années de transition politique, a raffermi en revanche ses relations de coopération bilatérale et multilatérale avec plusieurs États et organismes qui ont par ailleurs aidé à la normalité constitutionnelle.

Pour le cas précis d’Abbas Mahamat Tolli, où les enjeux se limitent en grande partie au continent africain, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le Tchad n’éprouve aucune distorsion diplomatique avec les États amis et frères africains.

Les passés qui rattrapent

En 2024, le Tchad a perdu la direction de l’ASECNA devant le Gabonais Prosper Zo’o Minto’o. Dans le fond de cet échec figure son système de gouvernance, jugé désastreux quand il était ministre des infrastructures du Tchad. Ce qui l’aurait rattrapé de sitôt.

Les mêmes causes ont produit les mêmes effets avec Abbas Mahamat Tolli. Il ne faisait pas du tout bonne presse, en l’occurrence dans les médias spécialisés et diplomatiques. Sa candidature a souffert de prospérité, car il lui a été reproché d’avoir pratiqué du tribalisme et du népotisme outrageux dans les recrutements quand il était gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC).

LIRE AUSSI : Abbas Mahamat Tolli félicite son adversaire à la tête BAD

Au sein de la BEAC, le climat était à l’orage en son temps. Des décisions controversées, notamment des politiques budgétaires restrictives critiquées pour leur impact sur la croissance économique des pays membres, ne peuvent agir en faveur de Tolli, selon Financial Afrik. Son style de gouvernance autoritaire aurait même conduit à des tensions, notamment avec le Cameroun et le Gabon, deux poids lourds de la région. Des basards personnels qu’on ne peut attribuer à toute la diplomatie tchadienne.

Ces négligences dans la conduite des affaires sont le plus souvent documentées et remises sur la table le moment opportun. Abbas Mahamat Tolli, jeune et compétent, a encore tout le temps devant lui pour se préparer à affronter les prochaines chances, que ce soit encore à la BAD ou ailleurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *