Espoir étouffé : le jeunesse tchadienne fête le chômage

Le Tchad célèbre la fête nationale de la jeunesse ce lundi 16 juin 2025, une date difficilement rattrapée du fait des crises internes qui rongent le ministère de la Jeunesse et des Sports. Des centaines d’invités seront appelées à assister aux différents panels composés drôlement de personnes âgées.

Ce rendez-vous, dont le crédit questionne plus d’un, est placé sous le thème « Tisser des ponts entre générations par la transmission des valeurs pour une jeunesse inspirée et des ainés valorisés ». Un thème absolument fade, mal contextualisé et en déphasage avec les réalités cuisantes que vivent les jeunes tchadiens. Dans la sociologie actuelle du Tchad, il ne se pose aucun problème d’interprétation culturelle qui soit une défiance comportementale entre l’ancienne et l’actuelle génération. Sinon, non plus les valeurs que détiennent ces « vieux » sont parfois loin d’être les meilleurs. La jeunesse tchadienne a toujours été inspirée et les aînés valorisés. Cela n’a ni été décrété ni porté par une fête ou un salon.

Les avis convergent sur la misère que traverse la jeunesse tchadienne. Chaque matin, des jeunes longent les artères de la capitale pour gagner éperdument leur vie. Il n’y a pas d’emplois. La fonction publique ne recrute plus, sinon au compte-goutte. Comment peut-on fêter alors qu’on n’en a pas les moyens ?

En 2024, il a été vendu à cette même jeunesse une niaiserie de cette même espèce : le forum national sur l’emploi dont la cible était la jeunesse tchadienne. Après les beaux discours et les résolutions fantaisistes, plus rien ne s’en est suivi. Les problèmes des jeunes Tchadiens – trop connus – ont repris juste le même jour. Nourrir les problèmes de la jeunesse et tuer ses ambitions, c’est autant entretenir les foyers de tension.

La seule solution aux problèmes des jeunes est de les employer. Autant que cette jeunesse constituera un instrument dont on se sert au cas par cas, il sera difficile de rouvrir les pages de revendication et de passer à celles d’action. Le folklore n’a jamais résolu un problème. Orner les salles des jeunes coptes au prix des quelques maudites sommes d’argent ne saurait constituer un catalyseur pour étancher la soif de cette jeunesse dont le courage et la résilience sont ineffables.

 

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