Le directeur de publication du journal Le Pays et correspondant de RFI au Tchad, Olivier Monodji, et ses codétenus ont été acquittés ce 8 juillet par le tribunal de grande instance de N’Djaména. Ils étaient poursuivis pour « intelligence avec des agents d’une puissance étrangère », en l’occurrence la Russie.
Appelés tard devant la barre après un long moment d’attente, il n’a pas fallu longtemps pour que le tribunal déclare ces 6 journalistes non coupables. Le tribunal a rendu sa décision en estimant que les preuves présentées par le procureur n’étaient pas suffisantes pour établir leur culpabilité. Ils avaient été relaxés au bénéfice du doute. Une liesse pour leurs familles biologiques et professionnelles.
Si l’un des avocats des accusés, Me Alain Ndilyam, se « rejouit du fait que leurs clients ont recouvré leur liberté », après plus de 4 mois de détention, il déclare par contre que le droit a été partiellement dit. Car, estime-t-il, ses clients devraient être simplement relaxés pour « infractions non constituées ». Le doute évoqué par le tribunal n’a pas sa raison d’être selon l’avocat. Lui et ses collègues de la Défense vont interjeter appel.
Dans le milieu de la presse, la satisfaction est totale. « Nous sommes soulagés », soupire Mahamoud Abass, président de l’Union des journalistes tchadiens, la plus grande organisation faîtière du milieu. Il a salué la patience, la résilience et le courage de ses confrères accusés.
Le directeur de publication de Le Pays avait été mis aux arrêts le 5 mars 2025 avec cinq autres personnes. Il avait fait plusieurs demandes de libération provisoire qui ont été rejetées.
Dans ses réquisitions, le procureur avait sollicité deux ans de prison ferme pour Olivier Monodji.
Selon le dernier rapport de l’ONG Reporter sans frontières, la liberté de la presse au Tchad a connu une régression significative influencée par une instabilité politique et sécuritaire persistante.

