Le chef de file de l’opposition tchadienne exige la justice dans le vivre ensemble et fustige la Vendetta

Le président du RNDT-Le Réveil, par ailleurs chef de file de l’opposition, Pahimi Padacke Albert a fait une sortie contre la pratique de la Vendetta pour le vivre ensemble. Dans cette sortie, il rappelle que la nation est un compromis de tous les jours, et donc un appel à une bonne gouvernance de l’Etat dans les diversités.

Pour le chef de file de l’opposition, le sénateur Pahimi Padacke Albert, la Constitution tchadienne du 29 décembre 2023 dispose, en son article 27 que « les règles coutumières et traditionnelles relatives à la responsabilité pénale collective sont interdites ». De ce point de vue, l’interdiction de la pratique de la vendetta est formelle dans notre Pays.

En soi, la vendetta n’est pas l’acte fondateur du crime. Elle se veut son corollaire. Elle prétend le réparer. En effet, toute société humaine est sujette aux conflits de diverses natures et de divers degrés, pouvant conduire à des dommages. La problématique porte sur les instruments mobilisés, çà et là, pour la réparation du préjudice causé, particulièrement, en cas de crime. Instruments privés ou publics ?

Cette sortie de Pahimi Padacke Albert vise particulièrement l’application de cette pratique lors des récents conflits ayant causé la mort de plusieurs tchadiens. Pour lui, cette pratique coutumière de la vendetta, communément appelée « crime de sang », continue d’empoisonner notre vivre-ensemble, en perpétuant un cycle infernal de violences intercommunautaires, entretenant et propageant une insoutenable culture du crime, devant l’impuissance de l’Etat.

Les récents massacres dans le Logone occidental, le Ouaddaï, le Salamat, le Mayo-Kebbi Ouest, avec ces insoutenables images de bébés éventrés, de femmes enceintes égorgées, rappellent tragiquement, la vilénie, l’inhumanité de la pratique de vengeance impunie du crime de sang, nourrie par une défiance vis-à-vis d’un Etat, rendu impuissant par ses injustices et ses exclusions, véritable bouillon d’ensemencement de la haine communautaire.

Pour le sénateur, la justice serait la seule voie pour réparer le crime de sang. Même dans le cas des peines de mort, c’est l’État, et lui seul, qui punit, et ce, sur décision irrévocable de justice, sans laisser cours à une vengeance privée. C’est l’État à travers le juge en toute indépendance, qui décide là aussi de la peine de mort et non les parents de la victime dans un élan de vengeance privée.

En plaidant pour le vivre ensemble, le président du RNDT-Le Réveil rappelle qu’ « il ne se réalisera pas par l’indifférence ou par une lâcheté collective face à ces pratiques nihilistes, mais par un sursaut de conscience, de courage collectif, à commencer par les gouvernants ». Seuls un courage politique, une vision ambitieuse, traduits par des décisions fortes, innovantes, capables de rassembler les communautés aujourd’hui, inutilement fragmentées par une vengeance impunie. Il met l’accent sur un dialogue sincère en disant que « nous n’avons pas autre choix que de nous parler, d’en parler, afin de façonner ensemble cette nation en devenir. »

Le Tchad, un projet de nation en chantier
Selon le sénateur Pahimi Padacke Albert, « ces tueries de masse, répétées, nous montrent une vérité brutale : le Tchad n’est pas encore une nation accomplie telle que proclamée, mais un projet de nation en chantier, qui requiert beaucoup d’ingénierie, de la méthode et une réelle volonté d’unité par l’acceptation mutuelle. » Et donc, aujourd’hui, les fondations de ce chantier se lézardent sous les coups de boutoir de la vendetta, de la vengeance privée des communautés qui se haïssent et se massacrent.

C’est pourquoi il faut des actions fortes pouvant unir les Tchadiens et le succès de ce projet de nation passera par une prise de conscience individuelle et collective. Ce n’est ni une ethnie, ou ni une communauté qui effacera l’autre. Cependant, les Tchadiens sont tenus de cohabiter en le faisant dans la paix et l’entente mutuelle. Ils doivent s’inclure et non s’exclure.

Pahimi Padacke Albert appelle plus à une union sacrée autour des valeurs de paix, de justice et d’équité, au lieu de se déchirer par la haine et des exclusions de masse pour des honneurs qui tuent l’honneur ; tout ce qui envenime les tensions dans notre pays. Pour lui, tout est vanité et passager : le pouvoir, les honneurs, l’accumulation des biens. D’après lui, l’être doit primer sur le paraître, pour faire asseoir l’essentiel sur l’accessoire.

« Ensemble, arrêtons ce bain de sang absurde et indigne du Tchad ! Le sang ne répare pas le sang. Il le souille. Le crime ne donne ni honneur, ni gloire, ni grandeur à son auteur. Il fait de lui un vulgaire criminel Aucun crime ne se justifie. Aucun ! » a lancé le chef de file de l’opposition. Il demande une halte à la tolérance complice du crime, par le silence, l’inaction et la lâcheté.

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

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