14 juillet en France : 2 incidents qui renseignent tout sur la France

Il n’a pas fallu beaucoup plus longtemps pour le grand traditionnel défilé de gloire sur les Champs-Élysées se déguise par épisode en un film ce 14 juillet 2025. Si des tambours et des chenilles de chars ont vibré tout le long de l’esplanade, et si des gradés saluaient, les civils applaudissaient, les drapeaux flottaient, il y avait eu, derrière la chorégraphie millimétrée, la réalité dramatique.

Deux incidents sont venus troubler cette messe militaire. D’abord, un cheval qui s’effondre. L’illusion chancelle. Alors que les caméras suivaient l’allure noble de la cavalerie républicaine, une monture s’est miraculeusement écroulée. Image saisissante, presque prophétique : un État à bout de souffle sous le poids de son propre spectacle. Une France presque dépassée selon plusieurs commentateurs. Et comme dans un serial, quelques minutes plus tard, scène aussi pathétique que tragique : un officier de l’École militaire continue son passage, l’oreille ensanglantée. Il s’est blessé par son propre sabre mais imperturbable dans le rang pour juste l’honneur de l’Indonésie, invitée d’honneur à cette messe.

Entre-temps, la Russie avance

Loin de faire du vaudou, ces incidents portent un symbole puissant. Ils sont le reflet d’un pays fatigué, divisé, débordé, et surtout pas prêt pour les défis sécuritaires qui l’attendent dans un monde en ébullition où l’Occident prétend faire un bloc contre la Russie progressiste en Asie et en Afrique. Pendant que Paris bombarde les yeux de drones lumineux, le Kremlin, lui, entretient une force militaire redoutée et disciplinée. Le 9 mai dernier, sur la place Rouge, devant plusieurs dirigeants du monde, la Russie a fait une démonstration de force avec plus de 11.000 soldats, dont 1.500 militaires ayant combattu en Ukraine, qui ont défilé. La Russie ne se perd pas en symboles creux et adore moins la farce. Elle s’entraîne, elle frappe, elle tient. Son armée est opérationnelle, cohérente, et respectée.

Alors franchement, une question se pose : qui peut croire, dans les coulisses d’un cheval tombé ou d’un sabre maladroit, que la France est en état de se taper la poitrine face à une puissance comme la Russie ?

Il serait temps d’ôter les gants blancs, de poser les sabres décoratifs, et de se regarder dans un miroir sans maquillage républicain. La guerre moderne ne se gagne pas en marchant au pas ni en annonçant une augmentation vertigineuse du budget de l’armée alors que le gouvernement souffre à arrondir les angles budgétaires. Elle se gagne avec des bottes bien sereines, solides et une armée sans faille.

Par Nathaniel MOUNONE

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