Décentralisation : Mahamat Idriss Deby Itno trace les nouvelles règles du jeu

Le séminaire national sur la décentralisation au Tchad s’est ouvert ce 21 juillet 2025. La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par la présidente de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno.

Ce séminaire, le premier du genre, après le vote de la nouvelle Constitution en décembre 2023, par voie référendaire, à l’issue duquel la forme unitaire de l’État est fortement décentralisée. Un éclatement territorial poussé a ainsi donc été acté par les élections locales de décembre 2024.

Cette décentralisation, selon le président de la République, est le fruit d’une vision politique pour un État moderne, efficace et proche des citoyens. De cette proximité surgit la question de la bonne gouvernance. Car, dorénavant, les ressources sont gérées par chaque collectivité autonome qui doit à cet effet développer ses potentialités propres.

Le chef de l’État a ainsi donc insisté sur la gestion optimisée des ressources locales afin de propulser l’action publique au niveau national. Un défi qui nécessite de sortir des cadres théoriques de gouvernance. « Ce ne sont ni les textes, ni les ressources financières, ni les séminaires qui garantiront à eux seuls le succès de l’action publique. La bonne gouvernance en général et la gestion rigoureuse des deniers et biens publics en particulier ne sont pas des principes théoriques », a martelé le chef de l’État, qui appelle à une gouvernance exemplaire, sans laquelle l’échec des élus locaux est inévitable. Ce qui pourrait leur être fatal au prochain tournoi électoral.

La gestion responsable des affaires publiques et la bonne gestion des ressources dans les administrations territoriales ont souvent été mises à mal par des querelles intestines motivées par les intérêts personnels, au détriment de l’engagement désintéressé, du dévouement et de la sincérité qui doivent animer un élu. Pour cela, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno exhorte la cour des comptes et l’organe chargé de lutter contre la corruption à être aux aguets. Le principe de la recevabilité doit primer sur tous les calculs mesquins.

« La décentralisation que nous avons voulue et que nous mettons en oeuvre est un projet collectif qui transcende les clivages politiques, ethniques ou religieux. Elle est l’affaire de tous les Tchadiens, car elle concerne directement leur quotidien et leur avenir », a souligné le chef de l’État, qui annonce par ailleurs la tenue des assises nationales destinées à une évaluation à mi-parcours des performances du système de décentralisation.

Il faut donc rapprocher les décisions des citoyens, valoriser les initiatives locales, renforcer la responsabilité des élus, afin de construire un Tchad plus démocratique, plus efficace et plus solidaire. Un vœu pieux du Maréchal de la République, qui, en tant que garant de la Constitution, ne veut accepter « aucune entrave susceptible de compromettre la mise en œuvre pleine et entière de la décentralisation. »

Par Nathaniel MOUNONE

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