RDC. L’ex-président Joseph Kabila devant la justice pour « crimes contre la paix »

L’ex-président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, opposant déclaré au gouvernement actuel, est jugé par la Haute cour militaire du pays à partir de vendredi pour « crime contre la paix », accusé de complicité avec le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda.

Joseph Kabila, qui vit à l’étranger depuis plus de deux ans même s’il a récemment été vu dans l’est du pays, ne devrait pas être présent à l’ouverture de son procès. Il est poursuivi pour « participation à un mouvement insurrectionnel, crime contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par balles, trahison, apologie, viol, torture et déportation, occupation à force ouverte de la ville de Goma », selon l’acte d’accusation. Ces faits sont passibles de la peine de mort en RDC, où un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 a été levé en 2024 (aucune exécution n’a cependant eu lieu depuis). 

En avril, l’ex-ministre de la Justice Constant Mutamba, aujourd’hui lui aussi devant la barre pour blanchiement d’argent, avait saisi la justice militaire afin d’engager des poursuites contre M. Kabila « pour sa participation directe » au M23. Le procureur général de l’armée avait déposé une requête en levée de son immunité auprès du Sénat, qui l’avait approuvée par 88 voix contre cinq et avait autorisé les poursuites. Kabila bénéficiait de cette immunité en tant qu’ancien chef de l’Etat et sénateur à vie.

Peine capitale

Ces faits sont passibles de la peine de mort en RDC, où un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 a été levé en 2024 (aucune exécution n’a cependant eu lieu depuis).

Fils de Laurent-Désiré Kabila, qui avait mis fin à trois décennies de règne de Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila, 54 ans, avait hérité du pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père.

Il a dirigé la RDC jusqu’en 2019, et est resté très discret après son départ du pouvoir. La coalition politique qu’il formait avec son successeur Félix Tshisekedi avait éclaté au bout de deux ans.

Par Nathaniel MOUNONE

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *