Elancé, regard perçant comme s’il est perpétuellement en méditation, Boukar Sédick Abakar, nouveau patron du Palais de justice de N’Djaména est un magistrat connu pour avoir bâti sa carrière de façon progressive.
Tout au long de son parcours, Boukar Sédick n’a jamais oublié d’où il est venu. Fils d’éleveur de Moussoro, l’actuel président de la cour d’appel de N’Djaména sait vivre juste avec un peu d’eau et de paille sans s’encombrer du luxe mondain qui le détournera de son serment, d’abord en tant que croyant et ensuite en tant que magistrat.
Aujourd’hui, dans le milieu judiciaire, Boukar est l’un des rares hommes qui connaît les méandres du temple de Thémis. D’abord greffier en 1990, il devint juge de paix en 1995 puis magistrat plein en 2004. Formé à l’École nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), Boukar a occupé, principalement, les postes suivants : plusieurs fois président de tribunal, juge d’instruction, président de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de N’Djaména, conseiller à la Cour d’appel de Sarh puis conseiller à la Cour des comptes du Tchad.
Aujourd’hui âgé de 61 ans, Boukar Sédick a la lourde responsabilité de régenter la cour d’appel de N’Djaména. Ceux qui le connaissent bien le décrivent comme un homme d’une probité morale irréprochable, travailleur, rigoureux et impartial. Il saura donc mettre ces qualités au service de la justice qui est généralement décriée parce que dévoyée à cause de la corruption ambiante dans le milieu.

