Le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina, représentant le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, a tenu un discours de plus d’une vingtaine de minutes pour mettre à plat les ratés de l’ONU.
Le chef du gouvernement tchadien, diplomate rompu, a eu des mots justes pour, dans un premier temps, pointer quelques réalisations de l’ONU en matière de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Il s’agit notamment de la progression notable dans le domaine du respect des droits de l’Homme en offrant un »cadre de coopération multilatérale ».
Cependant, selon l’ambassadeur Allah Maye Halina, après 80 ans d’existence, l’ONU peine lamentablement à accomplir les objectifs qui lui sont assignés par la charte. » L’ONU n’a jamais autant déçu, notamment en raison de son incapacité à arrêter les conflits meurtriers qui continuent de faire rage dans plusieurs parties du monde », a déploré le Premier ministre.
Cette inefficacité trouve parfois ses racines dans le fossé savamment creusé par les grandes puissances dont l’ONU sert »les intérêts » au »détriment des aspirations des pays du Sud ». C’est pourquoi Allah Maye Halina a doigté directement la faiblesse du Conseil de sécurité qui, selon lui, reste une structure figée, héritée de l’après-guerre, où l’Afrique demeure exclue de toute représentation permanente. Une injustice soulignée par plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains lors du débat général à cette session. Car, » les mécanismes de sanctions et d’intervention sont sélectifs », a vertement critiqué le Premier ministre. C’est le cas par exemple au Mali, en RDC et en Haïti où les casques ont été accusés d’inaction et de comportements contraires aux principes de cette organisation.
En Libye, 14 ans écoulés, le pays se trouve toujours dans une impasse politique. Il en est de même au Soudan où les populations civiles sont abandonnées à leur triste sort sous le regard impuissant de l’ONU.
Face à ces insuffisances, le Premier ministre, Allah Maye Halina, a demandé du haut de la tribune de cette assemblée que les »opérations de maintien de la paix soient réformées en profondeur, évaluées de façon transparente et recentrées sur leur mission fondamentale : protéger les populations civiles. »
Dans le domaine du développement, le Premier ministre, Allah Maye Halina, a exigé une mobilisation annuelle de plus de 4 milles milliards de dollars pour combler le déficit du financement du développement dans les pays pauvres.
Par Nathaniel MOUNONE

