Bientôt, les débats et les agitations autour de la révision de la Constitution seront clos. Plus de curées médiatiques et des propos politiques hystériques et violents. Après son adoption par une large majorité parlementaire et adoptée le 3 octobre 2025.
La révision de la Constitution, quoi qu’on dise, aimée ou blâmée, vient remonter la pente de l’histoire politique tchadienne post-transition. En réaffirmant les fondements institutionnels du pays, elle vise avant tout à garantir la stabilité, thèse largement partagée, mais aussi à renforcer la continuité de l’État et le bon fonctionnement des institutions. Des erreurs apparentes, s’il y ’avait lieu de les corriger, pourquoi alors hésiter ? Il suffit d’avoir un courage politique pour lire cette révision comme une étape nécessaire pour consolider la Ve République et créer un cadre propice à la gouvernance responsable.
Cependant, qu’on ne perde pas de vue l’essentiel. La stabilité institutionnelle, aussi indispensable soit-elle, n’a de sens que si elle se traduit dans la vie quotidienne des Tchadiens dont les attentes sont nombreuses et exigeantes. Après avoir réussi à poser les bases d’un ordre institutionnel durable, le gouvernement est désormais face à ses responsabilités régaliennes. Il est archi attendu sur trois fronts vitaux, à savoir : le social, le développement et la diplomatie.
Le social, une priorité absolue
Avec cette nouvelle ère politique, le gouvernement a tout le temps de surprendre les détracteurs de cette révision constitutionnelle. Car les Tchadiens espèrent vivre une amélioration consistante et profonde du pouvoir d’achat, la création d’emplois, la revalorisation du corps enseignant, une meilleure protection des couches vulnérables, l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Le Président de la République, qui bénéficie de deux ans supplémentaires sur son mandat, dispose d’une large marge de manœuvre pour mettre en musique son programme politique en sachant compter sur un gouvernement d’action, visionnaire et patriote. Pour cela, il faut sanctionner quand il le faut, démettre quand c’est nécessaire. La complaisance sur fond de proximité familiale et d’obédience politique contribuerait à faire du surplace face aux urgences tout azimut. C’est à ne pas douter du leadership du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno d’y arriver, en bon soldat.
La stabilité politique doit s’accompagner d’une stabilité sociale, sans laquelle les réformes pourraient perdre tout leur sens. Il faut à cet effet impulser le sens de l’amour de la patrie et l’adhésion de tous autour du programme quinquennal du chef de l’État à la façon des États de l’AES. Le gouvernement doit, pour sa part, veiller à ce que chaque mesure, chaque politique publique, se ressente dans le quotidien des citoyens.
La révision constitutionnelle offre par ailleurs au gouvernement une réelle opportunité historique de bâtir une économie solide et inclusive. Le nouveau plan national de développement « Tchad Connexion 2030 » intervient à un moment propice. La mobilisation des partenaires et des bailleurs sérieux autour des potentialités diverses dont dispose le Tchad doit être un déclic économique sous cette nouvelle ère. C’est pourquoi la réussite de la table ronde de Dubaï prévue du 10 au 11 novembre 2025 ne doit souffrir d’aucune bisbille, à commencer par la phase préparatoire jusqu’à sa tenue. Le gouvernement bénéficie encore de plus d’un mois pour rectifier les imperfections relevées ça et là.
La diplomatie, un pilier d’équilibre régional
Sur le plan international, le Tchad est attendu sur plusieurs lignes. Sans se tirer lui-même dans le champ de tir, il a un rôle majeur à jouer au Sahel et en Afrique centrale, notamment avec les élections au Cameroun voisin qui ne présagent rien de pacifique. Le renforcement de la diplomatie tchadienne, fondée sur le dialogue, la coopération et la paix, doit consolider cette stabilité interne et accroître le rayonnement du pays.
L’heure est désormais à l’action, à l’écoute et à la transformation.

