Après la proclamation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle du 12 octobre, l’opposant Issa Tchiroma Bakary intensifie la pression contre le régime. Face à un bilan meurtrier de 16 morts et plus de 800 arrestations, il appelle à une journée nationale de deuil et de résistance ce 21 novembre.
L’opposant camerounais, Issa Tchiroma Bakary, tient toujours tête au régime de Paul Biya. Après la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle du 12 octobre dernier donnant victoire au président Biya puis son investiture, le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) a appelé les Camerounais à une manifestation de rue pour réclamer sa « victoire ». Lesquelles manifestations ont été réprimées dans le sang. Les autorités ont annoncé un nouveau bilan officiel de 16 morts et plus de 800 interpellations.
Dans une communication faite ce 19 novembre, l’opposant Issa Tchiroma Bakary regrette qu’un petit nombre « parmi les milliers de détenus, majoritairement des mineurs » ont été libérés, malgré son ultimatum de 48 heures. Un geste jugé « insuffisant », une « mascarade » du régime de Paul Biya qui vise à « endormir » les Camerounais.
Une « journée de deuil national »
Pour la mémoire de tous les martyrs après les violences postélectorales, le président du FSNC appelle les Camerounais à faire de la journée du vendredi 21 novembre 2025 une journée de deuil national. « Cette journée sera chômée sur toute l’étendue du territoire national. Aucun commerce, aucun bureau, aucun service administratif ne saurait fonctionner », a-t-il annoncé. Pour Issa Tchiroma Bakary, cette journée sera un jour de silence et de recueillement.
Par la même occasion, il appelle les croyants de toutes les confessions à se rassembler dans leurs lieux de culte pour prier et sanctifier « la mémoire du juste combat ». « Ce sera un acte de résistance et une offrande collective à la mémoire de ceux qui sont tombés », affirme l’ancien ministre de la Communication du Cameroun. Il entend dégager par ce geste, à la face du monde, « l’image d’un peuple soudé et solidaire qui ne cède ni à la peur ni aux fraudes électorales ».
Il annonce par ailleurs l’instauration d’un fonds de soutien à la mémoire des victimes.
Selon Tchiroma, le vendredi 21 novembre 2025 sera un symbole d’unité et de la fondation d’un lendemain meilleur « où l’école, l’hôpital et la route seront les priorités d’un État réconcilié ».
Face aux critiques relatives à la sincérité de sa lutte, Issa Tchiroma Bakary répond : « Je ne trahirai pas. » Il ajoute : « J’ai reçu un mandat clair du peuple, celui de faire triompher la vérité des urnes. » Il s’engage à consacrer le reste de sa vie à l’accomplissement de cette mission. Il refuse toute compromission avec le régime de Paul Biya. « On ne négocie pas avec le déshonneur. On ne légitime pas le vote électoral par des manœuvres de couloirs. »
« Je ne reculerai pas. Je ne négocierai pas. Je ne capitulerai jamais », a conclu Issa Tchiroma Bakary.

