Accord Kagame–Tshisekedi : espoir de paix durable ou fragile cessez-le-feu diplomatique ?

Les présidents congolais et rwandais sont attendus ce jeudi 4 décembre à la Maison Blanche pour signer ou du moins entériner la signature d’un accord de paix afin de mettre « définitivement fin à la guerre » à l’Est de la RDC. Paul Kagame et Félix Tshisekedi, qui ne sont pas à la première tentative de rapprochement vont se prêter à un exercice pour la mémoire de deux peuples voisins. Un événement qui marquera sans doute un tournant politique majeur dans l’histoire récente des relations entre Kigali et Kinshasa.

Cet accord, sous l’égide des Etats-Unis intervient après plus de deux ans de tensions diplomatiques, de conflits armés indirects et de violences meurtrières dans l’Est de la RDC et pourrait raviver l’espoir d’une stabilisation régionale longtemps attendue

En effet, l’Est de la RDC est devenu un véritable théâtre d’affrontements impliquant des groupes armés locaux et étrangers, dont le M23 soutenu par le Rwanda, selon Kinshasa Kigali, de son côté, justifie sa posture sécuritaire par la présence persistante de groupes hostiles à ses frontières, notamment les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Ce climat de méfiance mutuelle a conduit à une escalade diplomatique, militaire et humanitaire, sur fond des millions de déplacés.

Selon Washington, l’accord entre les deux chefs d’État vise officiellement à mettre fin à cette spirale de confrontation. Il repose sur plusieurs principes clés : la désescalade militaire, le respect de la souveraineté territoriale, la neutralisation des groupes armés et une coopération sécuritaire renforcée entre les deux pays.

La conclusion de cet accord n’est pas un atomisé. Elle s’inscrit dans un cadre diplomatique plus large, avec une implication notable des partenaires internationaux désireux de rétablir la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Le principal défi : l’application sur le terrain

Si la signature de l’accord est saluée comme une avancée diplomatique, il faut toutefois souligner que son succès dépendra entièrement de sa mise en œuvre concrète. Car, des nombreux défis se dressent devant Kagamé et Tshisekedi. Premièrement, l’accord devra impliquer réellement l’adhésion effective des mouvements rebelles, notamment ceux qui contrôlent encore certaines zones stratégiques. Auquel cas il restera symbolique. Deuxièmement, il devra prendre en compte le retrait réel des forces étrangères parce que toute ambiguïté sur la présence de troupes ou de soutiens indirects pourrait rapidement raviver les tensions. Enfin, la protection des civils doit être un pivot. Les populations de l’Est de la RDC attendent des résultats immédiats en matière de sécurité, de retour des déplacés et de reprise des activités économiques.

L’armée congolaise et le groupe armé M23 se sont accusés mutuellement de violer le cessez-le-feu signé en juin dernier.

Début novembre, les deux pays, reconnaissant le manque de progrès, s’étaient «engagés à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre l’accord de paix de Washington», selon un communiqué conjoint publié par le département d’Etat américain. Et mi-novembre, Kinshasa et le M23 ont signé au Qatar une feuille de route préalable à un accord de paix dans l’est de la RDC.

Par Nathaniel MOUNONE

 

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