À l’occasion de la fête du Nouvel An, le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, s’est adressé à la Nation le 31 décembre 2025. Dans son message, le Chef de l’État a mis l’accent sur l’agriculture et l’élevage, qu’il considère comme des secteurs clés devant bénéficier d’un investissement massif, compte tenu de leur forte rentabilité économique
Selon le Président de la République, « l’agriculture et l’élevage sont et restent les deux mamelles de notre économie ». Partant de ce constat, il a insisté sur la nécessité de prendre des mesures incitatives pour « encourager un investissement massif dans les technologies de transformation et d’industrialisation afin de booster notre production agricole et développer notre cheptel ».
Pour atteindre cet objectif, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a proposé une orientation majeure : changer de paradigme afin de créer une nouvelle dynamique de complémentarité entre le Gouvernement, le secteur privé et les coopératives agro-pastorales, dans le but de mieux produire et mieux transformer les produits au niveau local.
En effet, l’agriculture et l’élevage constituent les véritables nerfs de la République. Toutefois, ces secteurs ont longtemps souffert de multiples difficultés. L’agriculture, restée archaïque et démodée depuis des décennies, peine à se moderniser. La transformation et l’industrialisation des produits agricoles et pastoraux sont demeurées dans un état critique, faute d’actions concrètes à la hauteur des discours. Même la politique de fabrication des engrais a connu des échecs, alors que les sols tchadiens sont en grande partie sableux et pauvres.
À ces défis s’ajoute le conflit récurrent entre agriculteurs et éleveurs. Ce problème, qui constitue un véritable handicap pour le développement du secteur agricole, n’a pas été évoqué dans le message à la Nation du 31 décembre, alors qu’il nécessite une attention particulière des autorités afin de garantir une coexistence pacifique et une meilleure productivité.
Par ailleurs, l’absence d’une véritable politique de microfinances demeure un frein majeur. Aujourd’hui, cultiver la terre ou élever du bétail exige d’importantes ressources financières. Le traitement des champs comme celui des animaux représente un coût élevé pour les producteurs. Une politique de microfinances, accompagnée de mécanismes d’orientation et de soutien, pourrait constituer un appui décisif pour les agriculteurs et les éleveurs. À cela devrait s’ajouter le déploiement de spécialistes chargés de former et de sensibiliser la population sur ces secteurs essentiels à la vie de l’État.
En définitive, malgré les recettes potentielles issues d’autres secteurs, sans une agriculture et un élevage modernes capables de résoudre la précarité liée à l’insuffisance alimentaire, le pays aura du mal à franchir une étape décisive vers le développement.

