Burkina Faso : attaque contre Titao, les autorités brisent le silence

Samedi 14 février 2026, la localité de Titao, dans le nord du Burkina Faso, a vécu l’une des journées les plus sanglantes de son histoire. Jusque-là relativement épargnée par l’insécurité chronique, la cité a subi une attaque d’une rare violence, qui a plongé ses habitants dans la terreur et l’isolement.

Dimanche 15 février, au lendemain du drame, les autorités ont mis fin au silence. Sur le plateau de la télévision nationale (RTB), le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, porte-parole des forces armées, a confirmé des « attaques multiples » dans la région. Tout en appelant au calme, il a affirmé que « la situation est sous contrôle à Titao ». Il a salué « la vaillance et le professionnalisme » des soldats, et évoqué une « lourde défaite » infligée aux assaillants, dont « plusieurs dizaines » auraient été neutralisés.

Sur le terrain, des sources locales, relayées par RFI, décrivent une offensive méthodique. Les assaillants, très nombreux, se sont répartis en trois groupes distincts. Le premier a pris pour cible le camp militaire et s’est emparé d’armes et de munitions après de violents combats. Un deuxième groupe a détruit les installations téléphoniques, ce qui a plongé Titao dans un black-out total. Le troisième a pénétré dans la ville, pillé le marché et incendié des commerces ainsi que des camions de ravitaillement.

Après le retrait des assaillants vers le nord, la psychose s’est emparée des survivants. Sur les réseaux sociaux, des appels à l’aide angoissés ont été diffusés : les habitants expriment leur peur d’un retour des djihadistes. Le bilan humain, toujours non officiel, alimente les inquiétudes. Des sources locales évoquent au moins une vingtaine de morts.

Par Nathaniel MOUNONE

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