Ce jeudi 19 février 2026, à l’école Centre de N’Djaména, le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), section provinciale de N’Djaména, a tenu une assemblée générale pour faire le compte rendu des différentes négociations avec le Gouvernement. À l’issue de cette assemblée, le SET provincial de N’Djaména a décidé de poursuivre sa grève pour une durée de deux semaines.
Dans son allocution, le secrétaire général de N’Djaména, Abdelkader Djibbia, a rappelé que lors de l’annonce de la dernière grève, le 14 février 2026, ils ont été aussitôt contactés par l’équipe de la Primature. Cette dernière leur a montré son engagement pour la prise en compte effective du décret 2850 portant sur les statuts des enseignants afin d’améliorer leurs conditions de travail. À l’issue de cela, le Gouvernement leur a demandé de reprendre les cours. L’équipe du SET provincial a fait savoir qu’elle consultera d’abord sa base. Il a informé que depuis lundi, le chronogramme de négociation de 40 jours est sorti. Ce chronogramme donne les programmes pour étudier les fonds de ce décret et, au bout de 40 jours, permettre sa prise en compte.
Après le compte rendu qui montre la volonté du Gouvernement de prendre en compte le décret 2850, le SG Abdelkader Djibbia a soumis deux options aux membres du SET de N’Djaména : suspendre la grève pour permettre les négociations tout en gardant la capacité de pression si les promesses ne sont pas tenues, ou poursuivre la grève avec détermination jusqu’à la signature du protocole. Cette dernière option » comporte beaucoup de risques réels: la rupture définitive des négociations, des conséquences sociales et juridiques que les enseignants doivent aussi assumer » a prévenu le SG du SET de N’Djaména.
Il a ensuite exhorté ses camarades en ces termes : » l’heure n’est plus seulement à la mobilisation mais à la responsabilité historique. Nous devons analyser pour prendre une décision qui va nous faire avancer ».
Pendant la concertation, plusieurs enseignants ont donné leurs avis en restant marbre sur leur position de maintenir la grève. Pour les uns, le gouvernement tchadien a trop joué avec les enseignants. Il les trompe souvent, ils acceptent de continuer à pleurer une fois pour toute. Pour d’autres, en période de négociation, il faut céder parfois pour mieux négocier. Malheureusement, les voix pour maintenir la grève ont dominé. Ainsi, l’Assemblée générale a décidé de maintenir les deux semaines de grève.
Une décision qui, si elle vise à contraindre le Gouvernement à appliquer le décret 2850, expose également les enseignants grévistes à une éventuelle rupture des négociations et à la coupure de leurs salaires.

