Côte d’Ivoire : 3 ans de prison requis contre Calice Yapo

La procureure d’Abidjan a requis vendredi trois ans de prison avec sursis contre Calice Yapo, numéro 2 du PDCI, principal parti d’opposition de Côte d’Ivoire, pour « trouble à l’ordre public » et « jet de discrédit sur les décisions de justice ».

En novembre, Soumaïla Bredoumy, porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), avait été écroué, accusé d’« actes terroristes » et de « complot », avant d’être libéré sous contrôle judiciaire le 7 janvier.

Il est reproché à Calice Yapo, secrétaire exécutif en chef du PDCI, d’avoir critiqué l’invalidation en janvier par le Conseil constitutionnel de l’élection d’un député de son parti, Hervé Alliali, lors des législatives du mois précédent.

« En aucun cas je ne me suis attaqué aux institutions » ou « au Conseil constitutionnel », s’est défendu à la barre, M. Yapo, tout, de noir vêtu, rappelant qu’il était un « ancien ministre » et n’avait « jamais eu de déboires avec la justice ».

Dans sa plaidoirie, son avocat Me Luc Kacou Adje, a lui aussi argué que les propos de son client, tenus lors d’une réunion avec des militants, visaient les adversaires politiques ayant initié la procédure d’invalidation pour de supposées fraudes et non le Conseil constitutionnel ou les institutions.

« Aucune démonstration de la culpabilité de Calice Yapo » n’a été faite, a plaidé l’avocat, après le court réquisitoire dans lequel la procureure a en outre réclamé 500.000 euros d’amende.

« Je n’ai pas entendu de réquisitoire », a ensuite réagi Me Luc Kacou Adje devant la presse, qualifiant « d’inappropriée » la peine requise et dénonçant un « procès forcément politique ».

Hervé Alliali figurait parmi les 32 députés élus sous les couleurs du PDCI lors des législatives du 27 décembre, au cours desquelles le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara a raflé 80% des sièges.

A la suite d’une requête de ses adversaires, le Conseil constitutionnel avait annulé le 9 janvier l’élection de M. Alliali dans la circonscription de Toumodi (centre).

Celui-ci a finalement été à nouveau élu le 21 février lors du scrutin partiel organisé à la suite de cette invalidation.

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