Ce lundi 16 mars 2026 restera historique pour la vie de la Ve République tchadienne. Pas de surprise, le Palais législatif trouvera pleinement sa voix. Le Premier ministre Allah Maye Halina va franchir le seuil du Sénat pour répondre à l’interpellation du sénateur Koulamallah, la toute première. Pas du tout, le chef du gouvernement va donner corps à une institution encore dans sa prime jeunesse. Quiconque rêverait de décrocher ce maillot jaune.
L’image est forte, presque inhabituelle sous nos latitudes : un chef de gouvernement qui se prête de bonne grâce au jeu des questions-réponses face aux représentants des territoires. Alors que le Sénat a été installé il y a tout juste un an, cette interpellation est donc un signe que le temps d’observation est révolu Lorsque le chef du gouvernement a accepté En acceptant de s’expliquer sur la cohésion sociale et la sécurité, il convient de comprendre qu’il ne joue pas seulement sa crédibilité, mais assoit celle de l’État.
Ceux qui attendaient un Premier ministre sur la défensive en pourraient être pour leurs frais. Car, sans avoir la mémoire courte, nous avons tous connu un Allah Maye Halina par la méthode qu’il avait déjà déployée devant l’Assemblée nationale pour défendre son programme politique il y a un peu plus d’un an. Il abordera, avec la même énergie, les préoccupations des sénateurs avec une rigueur quasi chirurgicale.
Sur le dossier de la sécurité, pierre angulaire de la vision du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, le chef du gouvernement a su lier le développement socioéconomique du Tchad à la nécessité de la paix sociale suivant une thèse claire : il ne peut y avoir de développement sans une unité nationale retrouvée, et pas de sécurité sans une cohésion solide entre les fils et filles du Tchad.
Ce face-à-face, qualifié de « rare », démontre une volonté de rupture avec l’opacité. Allah Maye Halina apportera des réponses concrètes et méthodiques et toute âme confirmera que le gouvernement cherche à transformer la « chambre haute » en un véritable laboratoire de la paix.

