Tchad : le procureur de la République saisi d’une plainte contre « Tchad Dispatch » pour plusieurs chefs d’accusation

Une page Facebook, dénommée « Tchad Dispatch », est visée par une plainte déposée le 10 mars 2026 devant le Procureur de la République près le parquet de N’Djaména pour « utilisation frauduleuse de la photo d’une sépulture familiale pour alimenter des rumeurs visant un haut gradé de l’armée tchadienne. »

L’affaire commence par un deuil privé, un moment de tristesse. Elle finit par prendre une proportion judiciaire lorsque l’information initiale a été exploitée hors de son contexte et frauduleusement. En effet, Djibrine Abderaman Djibrine, le plaignant connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Djidou Ebiré Ina Djouaré, lors de l’inhumation de son frère, Tiki Idriss Seïra Djamous, le 8 mars dernier au cimetière de Lamadji. « J’ai pris le fossoyeur en photographie de la tombe en signe de recueillement et sous l’effet d’émotion dans un cercle strictement privé. Je l’ai partagée ensuite sur son profil Facebook, accompagnée d’une réflexion spirituelle sur la vie après la mort (le Barzakh). » explique le plaignant contacté par téléphone.

Au bout de quelques heures après la publication et à sa grande surprise, Djibrine Abderaman Djibrine découvre que son cliché personnel avait été « volé » par la page Facebook « Tchad Dispatch », peut-on lire dans la plainte consultée par la rédaction. Mais au-delà du vol d’image, c’est le contexte donné à la photo qui choque le plaignant. La page incriminée a utilisé cette image pour affirmer que le Général d’Armée Tahir Erda Tahiro, actuel Directeur Général des Services de Sécurité des Institutions de l’État (DGSSIE), était en train de « creuser sa propre tombe après avoir senti sa mort ». « Ces individus aux agendas monstrueux avaient l’intention de semer de la zizanie entre moi et le Général Tahir Erda », déplore Djibrine Abderaman Djibrine. Des propos qualifiés d’injurieux, de diffamatoires et de nature à troubler l’ordre public.

Dans sa plainte officielle, Djibrine Abderaman Djibrine dénonce un acte « maléfique » portant gravement atteinte à son honneur et à sa réputation. Il invoque plusieurs chefs d’accusation prévus par le Code pénal tchadien, parmi lesquels l’usurpation d’identité numérique, l’atteinte à l’honneur et à la considération d’autrui, l’association de malfaiteurs informatiques et des écrits de nature raciste.

Par cette plainte, Djibrine Abderaman Djibrine réclame désormais au Procureur de la République d’identifier les gestionnaires de la page « Tchad Dispatch » afin que justice lui soit rendue.

Face à la diffusion de discours de haine et de fausses informations, le gouvernement tchadien a entamé plusieurs actions afin de promouvoir une utilisation responsable de l’espace numérique et de prévenir les manipulations de l’information. Parmi ces mesures figure en bonne place l’application avec fermeté des lois existantes contre l’incitation à la violence et à la haine.

Par Nathaniel MOUNONE

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