Baniara Yoyana dénonce la « confiscation du bien commun » et l’érosion des libertés au Tchad

Le coordonnateur de la CORETCHAD et porte-parole du Bloc fédéral, Baniara Yoyana a, lors du séminaire du Bloc fédéral organisé le lundi 11 août 2025, critiqué l’État unitaire et tous ses corollaires, surtout le respect du bien commun.

Lors de son allocution d’ouverture pour le séminaire du Bloc fédéral, le porte-parole du Bloc fédéral, Baniara Yoyana, a attaqué la gestion du bien commun du gouvernement de l’État unitaire. Pour lui, le bien commun est ce qui est profitable à l’ensemble sur le plan matériel, social ou moral. Environ 18 millions de Tchadiens constituant une communauté nationale ont décidé de mettre en place les institutions qui les représentent : présidence, Assemblée et Sénat, ainsi que les institutions judiciaires. Ces institutions ont la pleine responsabilité de veiller sur le bien commun à tous les niveaux.

D’après son observation, Baniara Yoyana a constaté que « la justice et l’équité qui caractérisent la gestion collective d’un bien commun ne sont pas à l’ordre du jour dans notre pays. Le bien commun se confond aujourd’hui au bien communautaire lié à la propriété privée. Et qui dit justice dit respect de droits et de libertés fondamentales des citoyens. Concernant le droit individuel, il faut noter le droit à la vie, le droit au voyage et la liberté d’expression. Pour rappel, les citoyens sont égaux en droit et en devoir selon la Constitution de la République. Pourtant, cette égalité n’est que chimère, car il n’y a que d’exclusion à tout instant dans les faits, actes et gestes de détenteurs du pouvoir. Le porte-parole du Bloc fédéral dit que « les principes républicains qui régulent la vie commune dans un État de droit sont foulés au pied ; le droit à la vie n’est qu’une utopie. La vie, le plus sacré des biens donnés par Dieu, qui est seul capable de la reprendre, n’a aucune valeur aux yeux de certains de nos concitoyens. »

LIRE AUSSI : Trois ans du Bloc fédéral : bilan, forces, faiblesses et défis pour un Tchad fédéral

Le porte-parole du Bloc fédéral, Baniara Yoyana, a constaté aussi que « ceux-là qui confisquent le patrimoine commun ont aussi le droit de vie et de mort sur les autres citoyens. Ils le font sans crainte parce que l’impunité, qui fait partie de leur mode de gouvernance, les met à l’abri de toute sanction. » Ce qui fait plus mal encore : « Supprimer la vie est un geste banal et naturel. On tue parce que la personne détient l’opinion contraire ou tout simplement par amusement.

Parlant de la liberté de circulation, le Bloc fédéral a souligné que « la libre circulation à l’intérieur de son propre pays garantit normalement à tout citoyen, devient un risque avec la peur de sortir ». Et pourtant, la République dispose d’un nombre de personnels et de matériels équipés pour assurer la sécurité partout. La sécurité est mise à nu. De même, la liberté d’expression a disparu. « Le citoyen a peur de son ombre, a peur dans sa propre maison, a peur de ses propres compagnons », a déploré le porte-parole du Bloc fédéral. Il a dit aussi que la pensée unique se trouve être « le nouveau système de gouvernance ».

Et l’accès à l’emploi, que ce soit public ou privé, est limité, voire interdit à certains citoyens. La fonction publique, un des éléments de patrimoine commun, ne fait plus l’objet d’un partage collectif mais sélectif. Pour lui, ce patrimoine national doit cesser d’être la propriété privée au profit d’une communauté. Un bien commun doit être partagé à tous et non seulement réservé à une catégorie de citoyens.

Comme solution pour une gestion du bien commun, « la gouvernance fédérale que nous prônons est une réponse à toutes ces préoccupations légitimes de tous les Tchadiens », a déclaré le porte-parole du bloc fédéral, Baniara Yoyana.

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *