Le Tchad appelle à une action climatique immédiate à la COP30 : “Il ne reste qu’une voie : la solidarité et l’action”

Le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, représentant le président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a appelé à une action urgente contre le changement climatique lors de son allocution du lundi 17 novembre 2025 à la COP30, à Belém, au Brésil.

Le ministre a rappelé que le Tchad se situe au cœur de l’Afrique, au sein de la région sahélienne parmi les plus vulnérables aux effets du dérèglement climatique. « Le vent brûlant, les sécheresses prolongées, les inondations dévastatrices et la rareté croissante de l’eau bouleversent nos territoires, compromettent les moyens de subsistance de nos populations et hypothèquent les perspectives de développement de toute une nation », a-t-il déclaré.

Selon lui, les données scientifiques sont alarmantes : le pays présente un niveau de vulnérabilité climatique et financière largement supérieur à la moyenne mondiale. Le Tchad figure ainsi parmi les nations les plus exposées au changement climatique. Il a notamment évoqué la dépression de Bodélé, vaste cuvette désertique du nord du pays et principale source de poussière minérale portée par les vents shariens. « Bodélé n’est pas seulement un symbole sahélien. C’est un pont de sable et de vie entre deux mondes, un message de la nature qui nous rappelle que la Terre est un tout indivisible », a-t-il poursuivi.

Le ministre a souligné que « notre territoire abrite des sites d’une valeur scientifique exceptionnelle qui participent, silencieusement mais puissamment, au grand cycle naturel de la planète ». Les conséquences, elles, sont visibles partout : fonte des glaciers, incendies de forêts, montée des eaux, disparition d’espèces et migrations forcées de populations.

Face à un dérèglement climatique désormais avéré, Hassan Bakhit Djamous estime qu’il s’agit de « la crise morale, économique et sociale de notre temps », et qu’elle exige « un sursaut de conscience, un ralliement moral et une action politique résiliente ». Il a appelé à la construction d’un système financier mondial plus juste, transparent et réactif, au service de la survie des peuples.

Le Tchad réaffirme ainsi son engagement à respecter l’Accord de Paris et à concrétiser ses engagements financiers. Le pays ambitionne de transformer sa vulnérabilité climatique en moteur d’innovation et de résilience. Évoquant l’assèchement croissant du lac Tchad, réalité douloureuse pour des millions de Sahariens, le ministre a exigé une réponse intégrée et solidaire de la communauté internationale. « Aucun mur, aucune frontière et aucune armée ne sauraient contenir les conséquences du dérèglement climatique », a-t-il affirmé.

En plus, le Tchad soutient la position commune en réclamant le nouvel objectif de financement climatique dont moins de 1300 milliards de dollars par an d’ici 2035 aux pays vulnérables. Face à la gravité du moment, le Tchad estime ensuite qu’« il ne reste qu’une voie : celle de la solidarité et de l’action », rappelant que la génération actuelle dispose des moyens technologiques, des ressources financières et surtout de la conscience morale nécessaires pour inverser la tendance.

 

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