Le cas de la récente campagne de diffamation visant dame Alida Mbaikar— l’accusant pêle-mêle d’avoir perçu des millions pour influencer le Conseil national de la jeunesse (CNJT) et d’avoir bénéficié de largesses d’adversaires politiques — soulève une question fondamentale : où s’arrête la liberté d’expression et où commence le crime ?
L’anatomie d’une mise à mort numérique
Le scénario est devenu classique mais n’en demeure pas moins dévastateur. Des chiffres sont jetés en pâture : 10,30,40 millions, des promesses de véhicules V8… Des attaques personnelles sur la précarité supposée de la cible et sur la « douteuse » qualité de son parcours professionnel sont diffusées avec une rapidité virale.
L’objectif est clair : livrer un individu à la vindicte populaire avant même qu’il ne puisse se défendre. Derrière les écrans, les accusateurs se sentent invincibles, protégés par l’anonymat ou l’éloignement géographique.
Cependant, l’impunité numérique semble toucher à sa fin. Dans cette affaire, la victime a choisi une voie qui devrait servir de leçon à beaucoup : le droit. Loin des clashs en direct ou des justifications émotives, la procédure engagée marque un tournant. Recours à un avocat de renom, collecte et authentification des preuves par huissier de justice : la réponse est institutionnelle. Désormais, ce ne sont plus des rumeurs qui circulent, mais une procédure judiciaire qui oblige les accusateurs à sortir de l’ombre des réseaux sociaux pour fournir des preuves tangibles devant les tribunaux compétents.
Un enjeu de civilisation pour la jeunesse
Ce dossier dépasse le simple différend personnel. Pour la jeunesse tchadienne, il est un rappel nécessaire que les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit. On ne peut détruire la réputation d’autrui sans en assumer les conséquences juridiques.
Comme le souligne un principe ancestral repris dans les textes sacrés, « Une bonne réputation vaut mieux qu’un bon parfum ». Si la réputation est un trésor que l’on met des années à bâtir, la loi tchadienne est là pour s’assurer qu’elle ne soit pas brisée en un clic.
Le dénouement de cette affaire devant les tribunaux sera sans doute un cas d’école pour tous ceux qui pensent que l’impunité est la règle sur Internet. Restaurer la vérité n’est pas seulement un droit pour la victime, c’est un devoir pour la salubrité de notre espace public.

