Léré : une crise humanitaire silencieuse s’installe dans l’indifférence

Depuis plus d’une semaine, à la suite des premières pluies torrentielles qui ont causé d’importants dégâts matériels, plusieurs villages dans le département de Lac-Léré sont livrés à eux-mêmes. Les populations ne savent plus à quel saint se vouer.

Ces pluies, arrivées précocement dans le sud du Tchad, ont durement frappé les communautés rurales. Dans la partie ouest du département du Lac-Léré, ces intempéries, accompagnées de vents d’une rare violence, ont surpris les producteurs en pleine récolte de sorgho, de haricot et d’oignon. Une grande partie des récoltes a été emportée par les eaux, tandis que le reste a été submergé et irrémédiablement endommagé. Il n’y a plus rien à récupérer pour ces villagiois dont la seule source de revenus est le produit agricole. La crise humanitaire commence à s’y installer réellement et l’angoisse de la population est ressentie dans tous les débats : « Que allons-nous faire ? Que allons-nous devenir ? »

Face à cette situation, le sous-préfet de Léré s’est rendu sur le terrain pour constater l’ampleur des dégâts et mesurer la détresse des populations sinistrées. À l’issue de cette descente, il a lancé un appel pressant au gouvernement ainsi qu’aux personnes de bonne volonté pour venir en aide aux victimes. Résultat : aucune réaction du ministère de l’Action sociale et des Affaires humanitaires L’appel semble être resté lettre morte. Une inertie qui interroge sur l’impartialité dans la considération et la gestion des urgences humanitaires au Tchad.

Le sacro-saint principe d’équité et de la promptitude des mécanismes d’assistance en cas de catastrophes naturelles n’existe finalement plus. Entretemps, ces citoyens ont tout perdu, jusqu’à ses moyens de subsistance les plus élémentaires.

Loin d’accuser le ministère de l’Action sociale d’agir selon des critères sélectifs, il faut reconnaitre que la profondeur de ce drame suffit déjà pour déclencher l’assistance aux populations. Il ne faut pas surtout jouer avec les orientations politiques du chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, qui n’a cessé d’instruire les membres du gouvernement d’être proches des populations et d’entendre leur cri.

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!