Dans un communiqué publié ce vendredi 31 juillet 2026, le parti Union démocratique tchadienne (UDT), du sénateur Abderaman Koulamallah, estime que le retrait du Tchad du Statut de Rome ne constitue pas un abandon de la lutte contre l’impunité. Le parti présente cette décision comme l’exercice d’un droit souverain prévu par le traité, dénonce une justice internationale « à deux vitesses » et appelle au renforcement des mécanismes judiciaires nationaux et africains.
Le communiqué souligne qu’« on ne peut reprocher au Tchad d’avoir appliqué la loi à la lettre », ajoutant qu’il est « curieux » que ceux qui critiquent aujourd’hui cette décision n’aient jamais réclamé une telle consultation ni lors de la ratification du Statut de Rome, ni au cours des nombreux épisodes où la Cour pénale internationale a elle-même constaté son incapacité à faire exécuter ses propres mandats.
Selon le document, en vingt-quatre ans d’existence, la Cour a ouvert treize enquêtes, dont neuf concernent des États africains et quatre le reste du monde. Il relève également que, parmi les sept personnes actuellement détenues par la Cour, six sont liées à des situations africaines. L’Afrique, qui représente environ un quart des États parties, concentre ainsi près de 70 % de l’activité judiciaire de la Cour.Pour l’UDT, la décision du Tchad est « la conséquence logique d’un constat largement partagé ». À défaut de réformes, poursuit le communiqué, « la souveraineté redevient le seul levier disponible pour un État qui refuse de cautionner plus longtemps un système à double vitesse ».
Le parti précise qu’il ne s’agit pas de nier la gravité des crimes relevant de la compétence de la Cour, ni la légitimité de son ambition initiale, mais de constater qu’« une justice qui frappe systématiquement les mêmes et épargne les autres cesse, par construction, d’être une justice universelle ».
Cependant le parti affirme que le Tchad « ne quitte pas la lutte contre l’impunité ». Selon l’UDT, le pays fait le choix d’investir davantage dans les mécanismes judiciaires nationaux et africains plutôt que dans « un forum dont l’équité reste, depuis vingt-quatre ans, à géométrie variable ».

