Tchad : le gouvernement réorganise le CNOU pour sauver les œuvres universitaires

Le gouvernement tchadien s’ingénie à sauver le Centre national des œuvres universitaires (CNOU) qui, hier, était la caverne d’Ali Baba malgré plusieurs tentatives de réformes. Une sorte de brigandage administratif s’est emparé de cette institution pourtant intentionnellement bien partie pour améliorer les conditions d’études des étudiants tchadiens.

Le gouvernement, à travers le ministère de l’Enseignement supérieur, avait entamé la politique de décentralisation de cette institution en la réorganisant par le décret nᵒ 1290 du 4 juillet 2025 dans le seul but de la rendre plus proche et plus opérante. Ce qui a permis la création des centres secondaires des œuvres universitaires (CSOU) dans les différentes villes universitaires, avec une autonomie budgétaire et financière. Nonobstant ce changement, la concussion ne s’est pas arrêtée. Les étudiants ne mangent ni la qualité ni la quantité. Les bus de transport sont très mal entretenus et les universités manquent de bibliothèques, de connexion internet et d’espaces de loisirs. Cette « déconcentration a entraîné des difficultés dans la gestion des activités et du budget. »

Le gouvernement a décidé de mettre sur place une commission, qui a proposé un nouveau projet de décret qui clarifie les responsabilités entre la direction générale et les centres secondaires afin d’améliorer le fonctionnement du CNOU.

Lors du conseil ordinaire des ministres de ce 30 juillet 2026, sous la conduite du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, ce décret portant réorganisation du CNOU a été examiné et adopté. Les principales innovations par rapport au décret nᵒ 1290/2025 sont l’instauration du poste de directeur général adjoint, du poste de directeur technique des œuvres universitaires au niveau central et la création des services au niveau central.

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Cependant, au-delà de ces ajustements organisationnels, le principal défi pour cette institution demeure la gouvernance. Il faut assainir CNOU et sévir les têtes qui en font leur propre écurie. Car il s’agit concrètement du problème d’hommes qui le gèrent.

 Le ministre, Sitack Yombatina Béni, doit se serrer les coudes pour s’engager dans cette aventure à la fois périlleuse et risquée. Il doit avoir la foi au risque de lâcher. C’est une longue histoire qui lui aurait certainement été racontée. Du haut de sa fonction d’homme de Dieu, il y a encore de l’espoir.

Par Nathaniel MOUNONE

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