C’est un message fort en faveur de la cohésion sociale et de la stabilité sous régionale qui a été livré hier, 13 août 2026, à la salle de conférence de la commune de Bouaké. À l’occasion de la 7ᵉ édition du Forum sous régional de la jeunesse sur la paix, la sécurité et les droits de l’homme en Afrique de l’Ouest et au Sahel, experts, décideurs et jeunes leaders se sont réunis pour échanger sur les mécanismes de gestion pacifique des crises locales.
Au centre des débats : la panacée que représente la jeunesse pour faire face aux défis sécuritaires majeurs qui frappent le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Intervenant en qualité de panéliste, Gebdanbé Ouateuré Epaphras, représentant pays du Réseau ouest-africain pour la paix et les droits de l’homme et expert en prévention de l’extrémisme violent et lutte contre le terrorisme, a porté un plaidoyer vibrant : les jeunes ne doivent plus être perçus comme le problème, mais comme le cœur de la solution.
Adossé à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité de l’ONU, l’engagement des jeunes transforme ce qui fut longtemps considéré comme une vulnérabilité démographique en une véritable force motrice. Face à l’émergence de nouveaux facteurs de déstabilisation qu’ils soient d’ordre agropastoral, urbain ou numérique, le recours à la médiation communautaire s’impose comme une alternative moderne, accessible et préventive.
Processus gratuit, volontaire et de proximité, cette médiation repose sur la neutralité et le dialogue pour désengorger les tribunaux formels et étouffer l’escalade des tensions avant la rupture.
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Dans sa communication, Monsieur Gebdanbé Ouateuré Epaphras a illustré son propos par des exemples concrets au Tchad, au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso. De la zone des trois frontières aux grands centres urbains, l’impact direct de ces jeunes médiateurs est déjà palpable :
- Médiation agropastorale : Formés aux principes du Do No Harm (« Ne pas nuire »), des réseaux de jeunes devancent les mouvements de transhumance pour négocier pacifiquement l’accès aux points d’eau et aux corridors de passage (à l’instar de la fonction de Sarki Sanu), évitant ainsi des affrontements meurtriers entre agriculteurs et éleveurs.
- Lutte contre la désinformation : En véritables « cyber-activistes de la paix », ils traquent les fake news et désamorcent immédiatement les rumeurs incendiaires véhiculées sur les réseaux sociaux avant qu’elles ne se traduisent en expéditions punitives.
- Rapprochement communautaire : À travers le sport ou le « forum-théâtre », la jeunesse réussit là où le dialogue traditionnel entre adultes achoppe parfois, réinventant les ponts entre communautés en tension, de l’Est du Tchad au Centre du Mali.
Si le potentiel de ces « Ambassadeurs de la paix » est indéniable, M. Gebdanbé Ouateuré Epaphras et ses pairs ont rappelé l’urgence d’accompagner ce mouvement par des actes institutionnels forts :
- Le renforcement des capacités à travers l’intensification des formations en Communication Non Violente (CNV), en négociation et en analyse systémique des conflits via des académies de leadership reconnues (Gorée Institute, EMP-ABB, FES, Université Continentale de Libreville, Institut Panafricain pour le Développement, les Fondations Koffi Annan et Houphouët-Boigny, etc.).
- Favoriser l’inclusion décisionnelle en associant directement la jeunesse aux comités de sages, aux conseils de chefferies traditionnelles et aux instances locales de gouvernance.
- Lutter contre la précarité à travers la réduction de chômage et l’exclusion sociale, véritables pépinières de recrutement pour les groupes extrémistes armés.
« On ne peut construire une paix durable si l’on exclut de la table des négociations la majorité démographique du continent. »
En direct de Bouaké, les participants à cette 7ᵉ édition ont réaffirmé une vérité fondamentale : faire confiance à la jeunesse en lui donnant les clés de la médiation de proximité, c’est investir directement dans la stabilité et la souveraineté de toute la sous-région.

