L’ONU redessine enfin l’Afrique à sa vraie taille

L’ONU adopte ‘Correct the Map’ : 164 États votent pour corriger les distorsions cartographiques et mieux représenter l’Afrique. Une victoire symbolique majeure.

Depuis 500 ans, les cartes du monde mentent. L’Afrique y apparaît écrasée, minuscule, alors qu’elle couvre en réalité 30 millions de km². Le 4 septembre 2026, l’Assemblée Générale des Nations unies a décidé de corriger cette injustice cartographique en adoptant la résolution « Correct the Map », portée par le groupe africain et soutenue par 164 États. Un vote quasi unanime qui marque un tournant symbolique majeur.

Le résultat du scrutin parle de lui-même : 164 États en faveur, une seule voix contre, six abstentions. Cette majorité écrasante révèle un consensus international rare sur une question qui dépasse largement la technique cartographique. Le Togo, au nom du groupe africain, a porté cette initiative avec le soutien officiel de l’Union africaine, transformant un débat académique en enjeu géopolitique majeur.

En apparence, l’Afrique semble faire la même taille que le Groenland. En réalité, elle est 14 fois plus vaste que l’île danoise ! De même, l’Union européenne y paraît presque aussi grande que le continent africain, qui est pourtant sept fois plus étendu. Cet écart massif avec la réalité découle de la célèbre projection de Mercator conçue au XVIe siècle pour les navigateurs, mais toujours omniprésente aujourd’hui.

Biaisée par sa vision européocentrée, la projection de Mercator agrandit disproportionnellement les zones proches des pôles tout en compressant les régions équatoriales. Résultat : l’Europe et l’Amérique du Nord y apparaissent bien plus imposantes qu’en réalité.

S’il est impossible de plaquer une sphère sur une surface plane sans altérer la réalité, les cartographes Tom Patterson, Bojan Savric et Bernhard Jenny ont créé en 2018 la projection « Equal Earth » (Terre égale). En trouvant un compromis entre formes, proportions et échelles, ce modèle restitue leur superficie réelle à l’Afrique, mais aussi à l’Amérique latine, à l’Asie du Sud et à l’Océanie, bien plus vastes ici que sur la carte de Mercator.

Par Nathaniel MOUNONE

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