Le Secrétaire général du ministère du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat a annoncé ce 5 novembre la 8ᵉ édition du festival Dary, consacrée à la célébration de la culture tchadienne dans toute sa diversité. L’édition de 2027 se tiendra du 19 décembre 2026 au 3 janvier 2027, à la place de la Nation, à N’Djamena, finalement.
Le gouvernement a, en fin de compte, décidé de ramer à contrecourant de la volonté du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, qui avait, lors de son discours d’ouverture de la 7ᵉ édition, émis le vœu de voir ce festival s’organiser aux provinces.
« J’exhorte le gouvernement à poursuivre sans relâche ses efforts pour promouvoir les merveilles du Tchad. Notre pays regorge de trésors naturels et culturels qui ne demandent qu’à être révélés au monde. Il est de notre devoir de faire de notre patrimoine un levier de développement et de fierté nationale. » avait affirmé le Chef de l’État avec pour simple philosophie : le rapprochement du festival Dary vers les cultures tchadiennes nombreuses et riches dans les provinces. Plus loin encore, le Maréchal n’a pas caché ses intentions. « Il est désormais temps que le festival Dary s’ouvre aux provinces en édition provinciale, à l’intérieur du pays. Ce qui permettra de renforcer le brassage et la communion entre nos compatriotes à tous les niveaux. En impliquant directement les collectivités autonomes, nous ferons de la clôture un moteur d’intégration locale et de la solidarité territoire ». Une annonce ovationnée par la foule ce jour-là.
Malheureusement, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno n’a pas été compris mais plutôt défié. Le gouvernement a préféré maintenir la fête encore à N’Djaména pour ne rien ajouter ni réajuster. L’espoir des provinciaux qui se préparaient à accueillir ce festival dans leurs zones s’est effondré d’un seul coup ce 5 novembre. Le ministère de la Culture n’a ni justifié ce boycott et ne s’est ni excusé devant le Chef de l’État et devant la nation tchadienne.
En attendant que le ministère de la Culture ne révise sa copie, cette édition, dans sa forme déjà connue d’avance, ne sera ni plus ni moins qu’une randonnée de cousins et de cousines sous les coups des objectifs des caméras.
Par Nathaniel MOUNONE

