Le massacre de tirailleurs sénégalais par l’armée coloniale française a été célébré dimanche au Sénégal ; une toute première commémoration officielle par l’Etat sénégalais de cet épisode sombre intervenu le 1er décembre 1944 au camp de Thiaroye dans la banlieue dakaroise.
Avec les 16 pays africains concernés par ce massacre et dont les drapeaux ont, à l’occasion, été mis en évidence sur les lieux, le Sénégal va selon le président Bassirou Diomaye Faye initier des mesures pour « une réappropriation de cette histoire commune ».
Il a cité parmi celles-ci la mise en place à Thiaroye d’un mémorial et d’un centre de documentaire et de recherche dédiés aux tirailleurs, la rebaptisation de rues et places publiques aux noms des tirailleurs, l’inclusion de l’histoire de Thiaroye dans les curricula éducatifs et l’institutionnalisation de la journée du tirailleur le 1er décembre de chaque année.
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Qualifiant de « courage moral » l’acte du président français Emmanuel Macron d’avoir assumé que les évènements de Thiaroye ont abouti à un massacre, le président sénégalais dit attendre encore plus de la France.
« Il reste beaucoup de zones d’ombre de cette histoire, notamment le nombre de tirailleurs exécutés. Identifier les victimes et situer les responsabilités est essentiel pour ouvrir la voie à une réconciliation sincère », a-t-il dit.
Il a, dans cette dynamique, sollicité de la France, la mise à disposition de toutes les archives au Comité international de chercheurs mis en place par le Sénégal pour aider à la reconstitution exacte des faits et à une meilleure connaissance de cette séquence de notre histoire partagée avec la France.

