Plus de 8 millions d’électeurs avaient été appelés aux urnes au Tchad ce 29 décembre 2024 pour élire les députés, les gouverneurs de province et les conseillers municipaux.
Ces élections ont été marquées par un déroulement globalement paisible sur l’ensemble du territoire, et plus particulièrement dans la capitale, N’Djamena. Les bureaux de vote ont ouvert leurs dès 7 heures, bien que des retards aient parfois été observés. Le taux de participation des électeurs dans les communes du 1er et du 3ème arrondissement a été notable, avec une forte implication des femmes dans l’exercice de leur devoir civique. Les matériels nécessaires au vote, tels que les bulletins, les urnes et les isoloirs, étaient disponibles dans la plupart des bureaux.
Des irrégularités observées
Des irrégularités ont été rapportées concernant la distribution et le traitement des bulletins de vote. En effet, certains bulletins bleus ont été trouvés dans les urnes rouges et vice versa, compliquant ainsi le processus de dépouillement. Au moment du dépouillement, des conditions difficiles ont été constatées dans plusieurs bureaux de vote. Dans le premier arrondissement, notamment au carré 5, le manque d’électeurs combiné à la faim et à la soif a conduit certains membres des bureaux de vote à procéder au dépouillement avant l’heure prévue de 16 heures.
De plus, les procès-verbaux sont arrivés avec un léger retard alors qu’ils devraient être établis avant 17h30. Des allégations de fraudes ont également émergé: des membres auraient rempli illégalement des bulletins de vote pour les déposer dans les urnes.
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Ces événements compromettent et suscitent des interrogations sur la responsabilité des organisateurs de ces élections. Est-il acceptable d’organiser un scrutin dans des conditions qui compromettent le bien-être des membres du bureau de vote ? Un délégué du 6ème arrondissement a déclaré que certains cadres du MPS (parti au pouvoir) circulaient pour acheter les voix des électeurs.
Ces élections législatives, provinciales et communales représentent une première historique pour le Tchad en raison de leur nature triplée. Toutefois, il est préoccupant de constater que cette expérience électorale a suscité un mécontentement parmi la population. L’engouement pour ces élections était faible malgré leur déroulement calme et sans incidents majeurs.
Cela amène à se demander si l’appel au boycott lancé par certains partis politiques et associations de la société civile a eu un impact significatif sur la participation électorale. L’Agence nationale de gestion des élections (ANGE) dispose de deux semaines pour proclamer les résultats définitifs de ces consultations.

