Kenya : la police accusée d’enlèvements

Les corps de deux Kényans qui avaient disparu depuis la mi-novembre ont été retrouvés, mercredi 29 janvier, dans la morgue de Nairobi. Les responsables des forces de l’ordre restent évasifs sur le sujet, alors que les soupçons se portent sur un enlèvement policier.

Ce sont leurs empreintes digitales qui auront permis de les identifier. Les corps de Justus Mutumwa, 33 ans, et de Martin Mwau, 29 ans, deux Kényans portés disparus depuis la mi-décembre, ont finalement été identifiés parmi les dépouilles non réclamées de la morgue de Nairobi, mercredi 29 janvier.

L’annonce en a été faite jeudi, le jour même où Douglas Kanja, l’inspecteur général de la police, et Mohamed Amin, le chef de la Direction des affaires criminelles, deux des plus hauts responsables de la police, étaient auditionnés à propos des « quatre disparus de Mlolongo », comme les a surnommés la presse kényane. Outre Justus Mutumwa et Martin Mwau, deux autres hommes, Kalani Mwema et Steven Mbisi Kavingo, se sont, eux aussi, évaporés peu avant les fêtes de fin d’année dans les environs de Mlolongo, ville-dortoir de 130 000 habitants, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Nairobi.

Alors que l’identification des deux dépouilles n’avait pas encore été rendue publique, les deux responsables de la police ont répondu de façon évasive aux questions du juge qui les interrogeait. « Aucun de ces hommes n’est en détention. Mais je veux assurer les Kényans qu’ils sont en sécurité », s’est contenté de dire Douglas Kanja. « Les disparus ne sont pas retenus par le service national de la police. Nous ne pouvons pas présenter de corps ni présenter de charges contre eux car ils ne sont pas en notre possession », a pour sa part expliqué Mohamed Amin. A quatre reprises avant cette journée du 30 janvier, les deux responsables des forces de l’ordre ne s’étaient pas présentés aux convocations répétées de la justice.

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