Le déplacement de Mahamat Idriss Deby au Burkina Faso transcende le FESPACO

La 29ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO) demeurera un événement historique pour le Tchad du point de vue culturel et cinématographique. Mais pas que, elle aura été un instant fort pour ces deux États du Sahel qui partagent des réalités sociopolitiques et sécuritaires identiques.

Le fait que le Tchad soit l’invité d’honneur à ce grand événement panafricain est plein de sens. Le président de la République, Mahamat Idriss Itno, qui foule pour la première fois le sol burkinabé en tant que dirigeant d’un pays hier en transition, a pu partager avec son homologue burkinabé, le Capitaine Ibrahim Traoré, 36 ans, ce qui est de symbolique pour le Sahel tumultueux, sous menace perpétuelle des groupes terroristes : l’affirmation de la souveraineté africaine.

Nul n’ignore que le Tchad a été un véritable pilier dans la lutte antiterroriste dans cette sous-région dans le « feu » G5 Sahel. La dislocation sans vacarme de ce groupe n’a pas, faut-il le rappeler, créé non plus des distorsions diplomatiques entre ses États membres. Le seul point divergent était – du moins hier – l’ingérence occidentale dans les affaires du G5 Sahel ainsi que celles de ses États membres, notamment avec les anciens dirigeants tous défaits par les militaires.

Aujourd’hui, réunis dans l’AES (Alliance des États du Sahel) et boutant hors de la zone la France faiseuse des rois, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne sauraient garder en dents le Tchad qui, lui aussi, leur a emboîté le pas. L’ennemi est devenu commun. Que la lutte le doive aussi. Il est chimérique de garder le Tchad hors de cet engagement qui doit mener vers la souveraineté totale de l’Afrique, un vœu pieux pour tous les Africains épris de la volonté d’un continent indépendant mais prospère.

Commission mixte : une circonstance favorable annoncée

La création d’une commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et le Tchad est donc un signe saillant de ce début de révolution diplomatique entre ces deux États. Cette coopération se définirait plus finement avec la visite annoncée du président de transition burkinabé, le Capitaine Ibrahim Traoré, au Tchad. Elle pourrait prendre plusieurs apparences qui aillent au-delà de la sécurité. Car, dans cette quête de la stabilité et de la souveraineté, ces États doivent mettre aussi en avant les questions liées au développement. Et dans ce sillage, le Burkina Faso peut être un modèle à suivre puisque, même en cette période de transition, il a su nouer des relations diplomatiques avec certains pays en priorisant, entre autres vecteurs de croissance économique, l’innovation, le développement agricole, de l’énergie, etc. Il a lancé dans cette même veine plusieurs chantiers en vue d’industrialisation tous azimuts.

Dans les domaines de recherche et de la culture, il faudra aussi s’attendre à des accords forts et fructueux. Le souhait des Tchadiens de voir créer une école de formation en cinéma pourrait avoir son socle. Pour cela, le Burkina Faso, très avancé là-dessus, sera d’une importance énorme.

Loin de forcer la main au Tchad de rejoindre du coup l’AES, il est enviable pour les autorités tchadiennes de renforcer les relations de coopération avec les États qui composent cette confédération pour mutualiser davantage les potentialités de développement socioéconomique que leurs différents attendent de pieds fermes.

Par Salam Info

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