Nommé sénateur par le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno le 04 mars 2025, comme la Constitution l’autorise, Abdraman Koullamah est un fin connaisseur de l’histoire politique du Tchad. Faisant partie du premier corps sénatorial dans l’histoire, il peut être à la hauteur et sa contribution pour la réussite est attendue dans une assiette d’or.
Né en 1955 à Ndjamena, le désormais sénateur Abdraman Koulamallah est un homme d’un parcours politique tout fait et rempli des bonnes expériences. Ancien rebelle et cadre de l’Union des Forces de la résistance, UFR, (coalition de plusieurs factions rebelles tchadiennes dont il était le porte-parole), Koulamallah sait qui est rebelle, le gain que cherche le rebelle. C’est ce qui lui a valu par la suite d’être le ministre de la Réconciliation nationale du 14 octobre 2022 au 2 janvier 2024. Ce poste l’a propulsé dans la connaissance des intérêts et des tendances des Tchadiens qui les divisent d’un côté à l’autre. Il a su les différents mobiles qui catalysent les luttes de différents corps politiques ou communautés socio-culturelles ou religieuses.
Ayant occupé valablement le poste de ministre de la Réconciliation après le dialogue national inclusif en 2022, Koulamallah a pu jouer son rôle de médiateur en unissant dans la négociation les rebelles, les opposants et certains radicalistes du pouvoir en place avec ce dernier.
Après la mise en place de la médiature qui s’occupe de la réconciliation, le ministère de la Réconciliation nationale a été supprimé. L’homme, étant tellement utile qu’il ne peut chômer un instant, a occupé le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, des Tchadiens de l’étranger, de la Coopération internationale, Porte-parole du gouvernement du 27 mai 2024 au 6 février 2025. L’homme a été, quoiqu’on le dise, à la hauteur de ses charges. Gérant le dossier lourd et historique de la fin de la coopération militaire française au Tchad, l’ancien rebelle a su esquiver les flèches de la France et celles de Tchadiens sceptiques du changement face à la manipulation. L’ancien ministre d’État a su apporter toutes les précisions face aux malentendus liés à la rupture de cet accord non seulement en tant que ministre des Affaires étrangères, mais surtout en tant que porte-parole du gouvernement.
De gloire en gloire, Abdraman Koulamallah qui a défendu le Tchad, et surtout lors de l’attaque de la présidence le 08 janvier 2025, de n’importe quelle manière, est appelé désormais à participer à la fondation d’un premier sénat. Sa nomination à cette instance décisionnelle est stratégique. Son apport pour la mise en place et la réussite de ce tout premier Sénat serait nécessaire, aux côtés d’autres sénateurs aux épaules politiques robustes.
De la rébellion, de la réconciliation nationale, du ministère de la Communication, des Affaires étrangères et du Porte-parole du gouvernement, Koulamallah a une expérience approfondie de l’administration tchadienne et étrangère. Il a un bagage capable lui permettant d’assurer une mise en place effective du Sénat. Il peut mieux faire. Et ensemble avec les élus, le tout premier Sénat serait une réussite exemplaire comme une institution à respecter et à envier.
Par ILLETEGUI .S. Thomas

