Les débats autour de la souveraineté des États africains s’accentuent au fur et à mesure que l’ordre mondial se trouve bousculé à perpétuité et que les deux blocs font peser d’une manière ou d’une autre leur suprématie dans les États autrefois colonisés, une sorte de guerre par procuration.
En Afrique de l’Ouest en l’occurrence ainsi que dans le Sahel où sévit le terrorisme supposé entretenu et carburé, la CEDEAO en prend subit un coup dur avec l’arrivée à la tête du Mali, du Burkina Faso et du Niger pour constituer l’Alliance des États du Sahel (AES). Le fond du dossier de ces États est identique : barrer la route aux groupes terroristes sans la présence occidentale sur le territoire. Ils ont de ce fait réussi à engager derrière eux tous les prophètes du panafricanisme et quelques pans des souverainistes.
Le Tchad, au départ distant du fait de sa proximité avec la France, n’a pas publiquement ses ambitio,s de vouloir faire chemin avec les Etats de l’AES. Cepenadnt, il n’a pas caché ses relations avec la Russie, considérée comme le bailleurs par excellence de ces Etats.
Dans les opinions, les avis sont disparates. Pour le député Béral Mbaikoubou, la crédibilité de l’AES est à remettre en cause. Il considère cette alliance comme une « grosse escroquerie politique ». « Ce sont des individus assoiffés du pouvoir qui s’accrochent au vernis de la souveraineté, du nationalisme », affirme-t-il.
Il soutient ses opinions par la restriction des libertés dans ces États en pointant du doigt les arrestations des journalistes et des activistes. « Les peuples sont embastillés », poursuit-il sur la télévision nationale tchadienne. Au Mali, par exemple, le général Assimi Goita s’est accordé 5 ans de pouvoir par décret et a dissous les partis politiques et la société civile. Pour le député, ces dérives antidémocratiques ne mènent pas vers le progrès. « Les coups d’État ne conduisent en rien. Sinon, le Niger à lui seul en compte 13, mais rien n’a changé. N’importe quel brigand, il suffit de grandir un seul slogan » France dehors » et tout le monde va applaudir. «
Pour Béral, le Tchad n’a rien à voir dans l’AES, car la démocratie au Tchad a été obtenue au bout de sacrifices. Selon lui, rejoigndre l’AES consituerait un véritable démcratique pour le Tchad. « Nous n’allons pas retourner à la caserne ni à la prison à ciel ouvert comme le sont les États de l’AES. Ce n’est pas parce que les Tchadiens veulent de la souveraineté qu’on doit accepter n’importe quoi. »
Béral Mbaikoubo balaie d’un revers de la main les thèses sécuritaires comme raisons de l’alliance entre ces États. À la rigueur, il opte plutôt pour l’ouverture aux autres dans la lutte contre le terrorisme, qui, selon lui, est quelque chose de transnational. « Se replier sur soi pour lutter contre le terrorisme est une mauvaise stratégie », continue le député. « On n’a pas besoin d’unanimité mécanique pour combattre le terrorisme. La preuve, c’est le Tchad lui-même. Aujourd’hui, Boko Haram a zéro millimètre carré sur le territoire tchadien. On n’a pas eu besoin de changer le nom du Tchad ou de chanter l’hymne national en Mesmé ou en Mboum pour lutter contre le terrorisme. « , tranche-t-il.

