Haroun Kabadi va raccrocher l’écharpe parlementaire

Longtemps absent pendant plusieurs mois à l’hémicycle pour des raisons de santé, le président du Conseil national de transition (CNT), Dr Haroun Kabadi a présidé, ce 18 novembre 2024, l’ouverture de la 15e séance plénière pendant laquelle il a annoncé son futur retrait de la vie politique.

Le silence prolongé du président du CNT Haroun Kabadi avait entretenu un doute sur sa capacité physique à reprendre le gong de l’hémicycle. Il avait plusieurs fois apporté des démentis sur des rumeurs annonçant sa mort.

Cadre de longue date du Mouvement patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir au Tchad, le président Haroun Kabadi, 75 ans, ne peut plus siéger dans la future législature, car physiquement fatigué. Il s’est déclaré forfait et raccroche ainsi timidement son écharpe après avoir passé 9 ans à la tête de l’Assemblée nationale tchadienne. Il a succédé en 2011 à Nassour Guelengdouksia Ouaïdou. Il ne sera donc pas candidat aux élections législatives du 29 décembre 2024.

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Après la mort du président Idriss Deby Itno en 2021, dont les circonstances ne sont pas jusque-là élucidées, il avait refusé d’accomplir son devoir constitutionnel en assumant l’intérim, car, dit-il, le président Deby était décédé dans une situation de guerre et il « ne maitrise pas le moral de l’armée ». À la suite de son renoncement, l’actuel président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno a été porté à la tête du Conseil militaire de transition (CMT).

En octobre 2021, le CMT met en place un Conseil national de transition, un organe parlementaire, et Kabadi en est élu président. En janvier 2024, il est remplacé « pour raisons de santé » au poste de secrétaire général du MPS par Mahamat Zen Bada Abbas dont la candidature aux élections législatives a été rejetée par l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE).

Les hauts et les bas de Haroun Kabadi

Dr Haroun Kabadi reste un grand commis de l’État tchadien. De janvier 1998 à juillet 1998, il a été ministre des Communications et porte-parole du gouvernement. Il est ensuite directeur général de la Société cotonnière du Tchad, société cotonnière parapublique, avant d’être nommé Premier ministre du 12 juin 2002 à juin 2003. Il a eu un parcours administratif mouvementé.

En octobre 2009, Haroun Kabadi avait été mis aux arrêts pour avoir reçu un pot-de-vin alors qu’il était secrétaire général de la présidence. En 2019, le tribunal de grande instance de N’Djamena ouvre une enquête après la mort de Bonheur Manayal Mateyan, un motocycliste de 34 ans, tué par des tirs provenant du cortège de Haroun Kabadi, sur l’avenue Pascal Yoadimnadji à N’Djamena. Une affaire qui a suscité un grand bruit sur les réseaux sociaux, demandant même la démission de Haroun Kabadi à la tête de l’Assemblée nationale. L’affaire a été classée sans suite.

Les Tchadiens attendront de connaitre en 2025 le visage du successeur de Haroun Kabadi pendant que les candidats aux élections législatives et locales s’activent pour la campagne électorale qui débutera le 7 décembre 2024.

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