La Géorgie, pays situé sur la côte est de la mer Noire, à cheval sur l’Europe de l’Est et l’Asie de l’Ouest, traverse une crise politique caractérisée par des manifestations de la rue. La Russie et l’Union européenne soutiennent chacune le camp favorable pour sa politique expansionniste.
Les rues de plusieurs villes de la Géorgie grondent d’agacement contre le Premier ministre Irakli Khobadidzé, président du parti Rêve Géorgien”. Selon les autorités hospitalières, 36 personnes sont hospitalisées, un autre bilan fait état de 220 personnes arrêtées. Dans la foulée de la contestation des résultats des élections législatives de octobre 2026 en faveur du parti au pouvoir, le Premier ministre a décidé de remettre à 2028 les discussions avec l’Union sur l’adhésion de la Géorgie. Il a aussi rejeté l’aide financière de l’Union européenne. Certains Géorgiens pro-européens exigent désormais l’organisation de nouvelles élections et la reprise des négociations avec l’Union européenne.
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Ce point est d’ailleurs l’un des arguments principaux déployés par le Rêve géorgien pour gagner la confiance des électeurs. Après l’annonce, ils ont le sentiment d’être trahis et accusent le Premier ministre de faire le jeu de la Russie. Les autorités russes ont félicité le gouvernement géorgien pour ses choix politiques. L’Union européenne, de son côté, fait pleuvoir des communiqués de condamnation. Les manifestants sont soutenus par les partis de l’opposition, l’Union européenne et la présidente de la République pro-européenne Salomé Zourabichvili qui assure se maintenir au pouvoir tant que de nouvelles élections législatives ne sont pas organisées. Tout se décidera le 14 décembre prochain, date de la fin de son mandat. Mais la présidente, dans un système de régime semi-présidentiel, a des pouvoirs limités.
Une orientation inquiétante
La population, les opposants pro-européens et leurs soutiens jugent contre nature le rapprochement entre Tbilissi et Moscou. Car les relations ont été tendues depuis que la Géorgie s’est détachée de la Russie en 1991. L’héritier de la puissance soviétique a pesé de tout son poids pour permettre aux provinces géorgiennes de l’Ossétie du Sud et d’Abkhazie de réclamer leur indépendance. Elle est reconnue par la Russie qui y a ses bases militaires. En 2012, la Russie a pris l’initiative de se rapprocher de la Géorgie sans retour favorable de son voisin du Cocas qui a exclu l’établissement de relations diplomatiques, en protestation à l’occupation de ses provinces.
L’opinion nationale, face aux pressions militaires et diplomatiques de la Russie et à l’agression, veut l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne et à l’OTAN. Derrière cette adhésion, les Géorgiens recherchent les investissements européens et la sécurité. Le choix à contrecourant du Rêve georgien place le pays dans une situation de ballotage, faute de consensus. Il n’ y a pas d’autres manifestants qui se réclament pro-russes, à part le gouvernement et le parlement. Pour faire toute voix discordante de la société civile et des médias, au premier front de la contestation, le parlement a voté une loi sur les « agents étrangers » destinée à maitriser les flux de financement des ONG et des médias en Géorgie. Le rapport de force continue.

