Le festival Dary est à sa sixième édition. Au lieu de rassembler les diverses communautés et de promouvoir les valeurs culturelles du pays, il est devenu un véritable fiasco, où les fonds publics sont détournés pour satisfaire les intérêts personnels de quelques privilégiés. Chaque année, des centaines de millions sont injectés par le gouvernement dans l’organisation de cet événement qui. Mais au fil du temps, il fait que renforcer une routine stérile et sans résultats.
Les retombées de ce festival sont de plus en plus minimes. Ce qui devait être une célébration de la diversité culturelle d’un pays culturellement immensément riche comme le Tchad se transforme en un banquet pour ceux qui détiennent le ministère du tourisme et de la culture. Les organisateurs, souvent les mêmes têtes à chaque édition, profitent des budgets alloués pour s’offrir des luxes inaccessibles à la majorité des Tchadiens.
Les promesses d’une grande fête culturelle ne sont que des mots vides, alors que la réalité sur le terrain est tout autre. De plus, l’absence d’évaluation rigoureuse sur l’impact du festival soulève de sérieuses questions sur la gestion financière et la transparence. Plus loin sur le input même de ce festival dans la vie quotidienne des Tchadiens. Les fonds massifs investis ne se traduisent ni par une amélioration des conditions de vie des Tchadiens ni par un renforcement du tissu social.
Au lieu d’apporter des solutions aux problèmes pressants du pays—comme la crise alimentaire qui touche tant de familles—ces ressources pourraient être réorientées vers la construction d’hôpitaux et d’écoles dans les zones défavorisées où les paysans marchent des centaines de kilomètres pour accéder à un centre de santé non équipé, où des élèves sont assis à même le sol pour étudier, où les maîtres communautaires ne perçoivent jamais leur subvention.
Pourquoi investir dans un festival qui ne profite qu’à une élite alors que tant de Tchadiens luttent pour leur survie quotidienne ? Loin d’être un vecteur de développement, le festival Dary semble être devenu un instrument de propagande pour masquer l’inefficacité des acteurs impliqués face aux véritables enjeux sociaux et économiques du pays. En effet, alors que les prix des produits de première nécessité flambent et que la pauvreté touche une grande partie de la population, le gouvernement devrait prioriser le bien-être des citoyens plutôt que d’injecter des sommes colossales dans un événement dont l’impact reste à prouver.
Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités et procède à un audit rigoureux du festival Dary. Ce dernier doit cesser d’être une simple routine sans résultats tangibles et redevenir un véritable espace d’échange culturel au service de tous les Tchadiens.
Les Tchadiens doivent exiger des comptes et réclamer un retour à une véritable célébration culturelle qui favorise l’inclusion et le développement durable. Le festival Dary pourrait encore devenir ce qu’il aurait dû être : un symbole d’unité et de richesse culturelle, mais cela ne sera possible qu’avec une refonte totale de sa gestion et une volonté politique sincère.
La Rédaction

