Tom Erdimi échouera pour 3 raisons

À partir de l’année académique 2025-2026, les Écoles normales supérieures ne recruteront qu’à partir de la licence, selon le ministre tchadien de l’Enseignement Supérieur, Dr Tom Erdimi, ancien rebelle. Cette décision, censée optimiser le système éducatif tchadien en formant des enseignants de qualité, est non seulement malavisée mais témoigne également d’une profonde mécompréhension des réalités du terrain.

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Premièrement, il est très alarmant de constater que les écoles normales supérieures au Tchad, qui devraient être des institutions phares pour la formation des enseignants, ont déjà perdu leur crédibilité. En formant principalement des bacheliers qui se retrouvent ensuite sans emploi, ces écoles exacerbent la crise de l’emploi au lieu de la résoudre. Au lieu d’apporter une solution à la pénurie d’enseignants qualifiés sur le terrain, cette réforme risque d’aggraver la situation en éloignant encore plus les étudiants potentiels. Les jeunes, après trois ans d’études, sont obligés de se lancer dans la vie active pour relever les défis auxquels ils font face.

Deuxièmement, cette décision pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’attractivité des écoles normales supérieures. Si aucun licencié ne souhaite intégrer ces institutions en raison de leur réputation ternie et du manque d’opportunités d’emploi après la formation, alors Dr Erdimi se retrouvera avec un effectif réduit au point de mettre en péril l’existence même de ces écoles. Il est donc peu recommandable que le ministre prenne une telle décision sans évaluer les implications à long terme sur l’éducation et le marché du travail.

Enfin, le cœur du problème réside dans l’emploi. Former des enseignants ne suffit pas ; il faut également créer un cadre qui valorise ces compétences par des opportunités d’emploi réelles et durables. Les diplômés des écoles normales supérieures doivent être intégrés dans le système éducatif tchadien avec un soutien adéquat pour s’assurer qu’ils peuvent réellement contribuer à l’amélioration de l’éducation dans le pays.

La décision du ministère de l’enseignement supérieur apparaît comme une mesure superficielle qui ne répond pas aux véritables enjeux du système éducatif tchadien. Au lieu d’augmenter le niveau d’exigence sans un plan concret pour garantir l’emploi des futurs enseignants, il serait plus judicieux de réformer en profondeur le système éducatif afin d’assurer une formation pertinente et une intégration réussie sur le marché du travail.

La Rédaction

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