Le président des États-Unis continue de mettre en œuvre sa politique égocentrique de protéger son pays ainsi que ses intérêts. Il avait annoncé mercredi, une nouvelle interdiction d’entrée pour des ressortissants de douze pays sur le territoire américain. Selon Donald Trump, cette mesure vise à renforcer la sécurité nationale en limitant les menaces terroristes. Elle fait partie aussi fait partie d’une politique plus large qui a été mise en place.
Parmi ces 12 pays, figure le Tchad, deuxième fois ciblé. Par conséquent, les ressortissants tchadiens ne pourront plus désormais se rendre aux États-Unis.
En réponse, le président de la République du Tchad, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a écrit sur sa page Facebook avoir » instruit le gouvernement à agir conformément aux principes de réciprocité et suspendre l’octroi des visas aux citoyens des États-Unis.’‘ Le Chef de l’État tchadien a préféré vouloir conserver la « dignité » et la « fierté » de son pays
Cette réaction évoque le sacro-saint principe de réciprocité, qui est un élément clé dans les relations diplomatiques. Une promptitude pas surprenante. En refusant l’octroi de visas aux citoyens des États-Unis, le Maréchal du Tchad lance un message diplomatique normal, celui de ne plus vouloir que son pays soit perçu comme une victime passive de décisions unilatérales.
Depuis son accession au pouvoir, Mahamat Idriss Deby Itno a toujours mis l’accent sur la souveraineté nationale face aux ingérences et ou aux menaces étrangères. Le Tchad refuse par-là même de naviguer dans des situations dans lesquelles il se sentirait véritablement désavantagé.
La réaction du président du Tchad peut avoir plusieurs conséquences, tant sur le plan diplomatique qu’économique.
La suspension des visas pourrait limiter les échanges diplomatiques. Aussi, faudrait-il souligner qu’elle impacter d’autres aspects de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la sécurité et du développement.
D’autres pays pourraient emboîter les pas du Tchad en adoptant des mesures similaires. On devra s’attendre à un précédent dans les relations internationales concernant la réciprocité en matière de visas.
La décision de Donald Trump « suscite des inquiétudes au regard du droit international », a déclaré jeudi 5 juin le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. « La portée très large et générale de la nouvelle interdiction de voyager suscite des inquiétudes au regard du droit international, notamment du principe de non-discrimination et de la nécessité et de la proportionnalité des mesures déployées pour répondre aux préoccupations exprimées en termes de sécurité », a écrit Volker Türk dans un courriel transmis à l’AFP par ses services.

