L’eau C’est Bon revient sur le marché sans l’avoir quitté

Après un peu plus de deux mois d’interdiction, la marque d’eau minérale « C’est bon » fait son retour sur le chemin des étals sur décision du ministère du Commerce et de l’Industrie et ce, sans surprise.

Selon le communiqué du ministère, l’entreprise productrice de l’eau C’est Bon aurait intégré les éléments devant certifié la qualité de l’eau.

Loin de de dénoncer normes un retour précipité de cette marque, il faut néanmoins réaliser une analyse d’un arrière-goût d’inachevé. Sur le terrain, la réalité de la chaîne de distribution dit autre choses et contredit contredit les assurances administratives vendues dans le communiqué.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les rapports techniques de ces deux institutions n’ont pas encore été rendus publics. Deux mois suffisent-ils pour restructurer de fond en comble un processus industriel de traitement de l’eau ? La question reste posée d’autant plus que même les employés de cette entreprise confirment la négligence dans le processus de fabrication.

Mais au-delà de la question de la conformité de la nouvelle production, c’est l’efficacité même de la mesure du ministère du Commerce et de l’Industrie quant à la suspension de la chaîne de commercialisation et de consommation qui est remise en cause par la réalité du terrain. Nous avions alerté le nob retrait de ces bouteilles d’eau dans nos publications en l’occurrence dans la ville de Moundou. L’annonce d’un « retrait immédiat des marchés » relève, pour le moins qu’on puisse dire, de l’illusion bureaucratique. Durant toute la période d’interdiction du ministère du Commerce et de l’Industrie, les bouteilles de la marque incriminée ont continué à circuler et à être vendues dans plusieurs boutiques, faute de contrôles sérieux et continus. Les stocks jugés « impurs » n’ont jamais été totalement saisis ni détruits.

C’est ici que se situe le nœud du problème actuel. Aujourd’hui, les anciens stocks (jugés non conformes en avril) et la nouvelle production (certifiée conforme) risquent de se côtoyer sur les mêmes étagères. Rien ne certifie si les bouteilles actuelles en vente sont des anciennes. Les bouteilles se ressemblent toutes.Rien sur l’étiquetage ne permet de distinguer un lot défectueux d’un lot assaini. Un vrai imbroglio. Et comme tel, le consommateur se retrouve contraint de jouer à la roulette russe avec sa propre santé.

L’épisode de l’eau « C’est bon » n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une série d’alertes touchant aussi les alcools frelatés. Une décision d’interdiction qui ne s’accompagne pas d’un contrôle rigoureux de la chaîne de distribution chez les détaillants perd de sa substance. Et tant que la transparence totale sur les analyses de laboratoire ne sera pas de mise et que la traçabilité des lots ne sera pas garantie, le doute persistera légitimement dans l’esprit des consommateurs tchadiens. La confiance, elle, mettra bien plus de deux mois à se rétablir.

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