Pendant quatorze ans, il était là. Invisible sous des tonnes de terre, de sable et de déchets. Quatorze années durant lesquelles personne ne s’était véritablement interrogé sur le fonctionnement réel de cet ouvrage hydraulique pourtant essentiel à l’assainissement de la capitale.
Il aura fallu attendre l’arrivée de Senoussi Hassana Abdoulaye à la tête de la mairie de N’Djamena pour que cette réalité soit enfin mise au jour.
Situé le long de l’avenue Djibrine Kherallah, de l’Université Roi Fayçal jusqu’au quartier Karkandjiye, en passant par le Lycée Féminin, ce caniveau constitue l’un des principaux ouvrages de drainage des eaux pluviales de cette partie de la ville. Depuis sa mise en service il y a quatorze ans, il n’avait pourtant jamais fait l’objet d’un curage.
Au fil des saisons, les dépôts de terre, de sable et de détritus ont progressivement enseveli l’ouvrage, jusqu’à obstruer totalement son fonctionnement. Ce qui devait permettre l’évacuation des eaux est devenu un obstacle silencieux, expliquant en grande partie les inondations récurrentes qui frappaient cet axe stratégique ces dernières années.
Les usagers de cette avenue, les riverains, les commerçants, les étudiants de l’Université Roi Fayçal et les élèves du Lycée Féminin ont longtemps subi les conséquences de cette situation. À chaque hivernage, les mêmes images revenaient : circulation perturbée, eaux stagnantes, difficultés d’accès et dégradation du cadre de vie.
La découverte de cette anomalie n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’une méthode de travail privilégiant les descentes de terrain, les inspections techniques et le suivi rigoureux des infrastructures. Là où certains se seraient contentés d’interventions ponctuelles, le maire a choisi de rechercher les causes profondes des inondations.
Cette démarche a permis de révéler une évidence longtemps ignorée : les ouvrages existent, mais sans entretien, ils finissent par perdre leur efficacité.
Le dégagement progressif de ce caniveau marque aujourd’hui un tournant dans la stratégie municipale de lutte contre les inondations. Plus qu’une simple opération de curage, il s’agit d’une action corrective qui remet en fonctionnement une infrastructure restée inexploitée pendant quatorze années.
Cette découverte interpelle également sur la nécessité d’inscrire durablement la maintenance des ouvrages publics au cœur des politiques urbaines. Construire est une étape. Entretenir est une responsabilité permanente.
À travers cette intervention, la mairie de N’Djamena envoie un signal fort : les problèmes qui semblaient relever de la fatalité peuvent être résolus lorsque l’action publique s’appuie sur le terrain, l’écoute et le diagnostic technique.
Quatorze ans auront été nécessaires pour révéler ce qui était enfoui sous nos yeux. Une découverte qui éclaire d’un jour nouveau les causes des inondations sur l’avenue Djibrine Kherallah et qui illustre la volonté de la nouvelle équipe municipale de traiter les problèmes à leur racine, plutôt que d’en gérer indéfiniment les conséquences.
La Rédaction

